Mon père

Cet article risque d’être un des plus personnels que j’ai jamais écrit, parce que comme son nom l’indique je vais parler de mon père, que j’appelle plus facilement »géniteur », pour des tas de raisons. Je vais tâcher de ne pas ( trop) tomber dans le pathos…

J’ai un rapport assez conflictuel avec mon père : petite, je l’adorais, ado, je le haïssais de toutes mes cellules, aujourd’hui, j’essaie d’avoir une relation plus cordiale envers lui. Cordiale dans le sens, où j’en ai assez de m’intoxiquer la vie à fréquenter des gens que je n’apprécie pas plus que ça, du coup, je garde les bons souvenirs que j’ai avec lui, et je m’abstiens de le voir le plus possible, essayant de ne pas tomber dans son piège comme une mouche dans un pot de confiture : être dépendante financièrement de lui pourrait être une solution de facilité, mais je le refuse, du coup, je ne veux plus d’une relation hypocrite et toxique, seulement basé sur l’argent.

Pour présenter mon père, c’est un bobo né à la fin des années 50, qui a été ado pendant la période punk… Il fait 6 semaines Maths sup’ et a crée un diplôme frauduleux pour travailler dans des centrales nucléaires… Il est passionné de rando, de ski et de plongée, il a fait du volley en club, donc de prime abord, on dirait pas qu’il il est aussi détestable qu’il l’est.

Il a rencontré ma mère dans une soirée, ils se sont mariés, ont eu quatre enfants, et ont divorcés quand j’avais 7 ans… Ils ont divorcés car mon père souffre d’alcoolisme chronique, et il était violent physiquement et psychologiquement avec ma mère, mais il n’a jamais voulu divorcé pour faute, voilà pourquoi on était avec lui un week end sur deux et la moitié des vacances scolaires… C’est un manipulateur vicieux, ce qu’on appelle aujourd’hui un pervers narcissique.

Pour vous donnez une idée de son pouvoir, ma mère était au bord du suicide avant son divorce, elle n’avait plus la force de rien, mais a quand même eu le courage de prendre ses quatre enfants sous le bras et s’enfuir.

C’est vrai qu’il nous a offert de jolies choses : on a pu voyagé grâce à son argent, on a eu un tas de gadgets grâce à lui, et ils nous donnaient parfois des sommes qui me paraissaient mirobolantes à l’époque.Mais à coté de ça, il ne nous a jamais dit qu’il nous aimait ( en même temps je suis loin d’être sure que ce soit le cas), il ne nous a jamais encouragés dans quelque domaine que ce soit,…

Mais sincèrement, est ce que ça vaut de se faire insulter, voir violenter, ou d’avoir peur à chaque fois qu’on y va, qu’il soit bourré et qu’il nous rabaisse, nous traitant de « légumes », de « feignasses comme notre mère », de  » bonnes à rien »… D’avoir honte quand il vient nous chercher à une fête alors qu’on était encore au collège,et que lui était complètement bourré ? De prendre l’autoroute à l’envers et de conduire completement arraché ?

Personnellement je ne crois pas.

Il faut bien avouer que j’en ai longtemps voulu à ma mère de n’avoir jamais eu le courage de nous protéger davantage de ce pervers narcissique, je me disais  » comment elle peut nous laisser aller avec ce connard alors qu’il lui a défoncé la gueule pendant 18 ans ? », et au fond je pense que je lui en veux encore un peu…

Une fois divorcé, il a toujours fait passé les enfants de ses compagnes avant nous, et a toujours pensé qu’on avait besoin de rien, alors que ma mère est loin de rouler sur l’or… Alors au début, ça me rendait triste et en colère, mais aujourd’hui, j’essaie de le prendre avec philosophie, en me disant que je ne dois rien attendre de lui, et ne pas créer une dépendance.

Je ne dirais pas que je lui ai pardonné, mais j’essaie de faire peser dans la balance que l’alcoolisme est une véritable maladie, et il me fait un peu de peine, malgré le fait qu’il ne veut pas guérir… Pendant leur mariage mon père promettait d’entrer en cure afin que ma mère ne le quitte pas, mais sans jamais le faire.

L’alcoolisme de mon père aurait pu me dégoûter à vie de l’alcool, et faire que jamais je n’en boive une goutte…Au début de ma vie d’ado, ça a été le cas, puis après je criais sur les toits  » de toute façon, je peux boire tant que je veux j’ai des gênes d’alcoolique », disons qu’aujourd’hui, je me suis calmée et que je bois pas souvent et avec modération.

Il faut quand même avouer que si j’ai voulu entrer en psychologie après ma terminale, c’était pour étudier son cas, car à mon avis, mon père est plus qu’un alcoolique, il a une vraie maladie mentale sous jacente, comme un dédoublement de personnalité…On a pu en parler des heures avec ma grand mère maternelle, on a souvent pensé qu’il avait reproduit les violences qu’on lui avait infligé étant petit, voir que c’est un homosexuel refoulé,qu’au fond il se déteste et que c’est pour ça qu’il s’en prend à plus faible que lui… Il est toujours en couple avec le même genre de femme : petite, assez naïve, ou avec un passé compliqué, docile, qui ne se rebelle pas,…

Je lui en veux d’avoir détruit ma mère psychologiquement et physiquement pendant des années, et d’avoir fait du mal à mes deux soeurs aînées, tant physiquement que psychologiquement.

J’ai toujours eu peur de la façon dont ma mère a pu être amoureuse de mon père , de façon totalement aveugle,lui pardonnant tout, le croyant sur parole un peu bêtement pendant près de 20 ans…

Sa relation a façonné ma relation à l’amour de façon générale, je ne veux pas être dépendante de la personne que j’aime, et je veux rester libre de mes choix. Je ne veux pas d’une relation toxique, mais d’une relation bienveillante, ou chacun.e apporte à l’autre et se rend heureux. En plus, mon père a passé sa vie à tromper ma mère, et globalement toutes les femmes avec qui il a pu être, et « grâce » à ça, j’ai pu me dire que je serais toujours sincère et clair avec mes partenaires, et que le mensonge n’a pas sa place dans un couple à mon sens.

Malgré le fait que je ne le vois pas souvent, il a laissé sur moi un souvenir indélébile, il a détruit ma confiance en moi, m’a fait être très méfiante envers la gente masculine. Aujourd’hui, même c’est moins fort qu’avant, j’ai toujours peur de lui, car hantée par les choses qu’il a pu faire ou dire.

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Un commentaire sur “Mon père

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  1. C’est vraiment sympa de pouvoir lire cet article comme si tu étais à côté de nous, nous racontant une histoire. J’imagine que ça doit être compliqué de mettre ça par écrit public.
    Jolie porte d’entrée sur toi.

    J'aime

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