Barbara

Je m’attaque enfin à cette grande dame de la chanson française, dont je connais mal le répertoire musical, malheureusement.

Mais, j’en entends parler depuis des années, que ce soit par des ami.e.s qui ont des diques d’elle, ses chansons que j’entendais passer à la radio, ou plus récemment par des ami.e.s qui ont dit l’apprécier beaucoup.

J’aime beaucoup ses textes mélancoliques, sa belle voix, et puis son coté très sombre, qui fait qu’aujourd’hui, plein de goths apprécient beaucoup sa musique…J’ai aussi entendu parler de l’album qu’a sorti Depardieu récemment ou il reprend des chansons de son ancienne amie.De plus,comme pour Piaf, j’apprécie la femme forte, qui terrassée par bien des épreuves et des douleurs, s’en sert dans son art.

Barbara, née Monique Andrée Serf est né en 1930 à Paris dans une famille d’origine  de’Europe de l’est, et de confession juive. Elle passa une partie de son enfance dans le quartier des Batignoles à Paris, mais elle déménagera de nombreuses fois : à Marseille, à Roanne, à Tarbes…Pendant la Seconde Guerre mondiale, sa famille se cachera à Saint Marcellin,en Isère puis en 1945, ils retourneront habiter à Paris.

L’épisode qui a le plus marqué son enfance, est sans doute celui de l’inceste de son père, dont elle a été la victime de ses 10 ans et demi à ses dix neuf,lorsque son père quitte définitivement le domicile familial.

En 1946, sa famille s’installe dans le 20ième arrondissement de Paris. Monique a 16 ans, et elle souffre beaucoup de la mort de sa grand mère. Peu intéressée par les études, elle rêve de devenir pianiste et chanteuse, ses parents lui promettent des cours de chant : elle s’inscrit à ceux de Mme Dusséqué, sa vie en sera changée : au bout de quelques leçons, sa professeurs la présente à Maitre Paulet, enseignant au Conservatoire de Paris, qui la prend comme élève. Dans l’appartement familial, un piano est loué, et elle en joue sans prendre de leçons. Elle arrêtera toutefois les cours au Conservatoire, car elle préféra le répertoire populaire au répertoire classique.

En 1948, elle est engagé au théâtre Mogador, dans l’opérette Violettes impériales comme mannequin choriste. L’année suivante, son père quitte le domicile familial, sa mère ne plus continuer à louer le piano, ils doivent s’en séparer, elle vit ça comme un déchirement.

En 1950, elle quitte Paris pour Bruxelles, afin de concrétiser son rêve de devenir « pianiste chantante ». Après avoir passé deux mois chez un cousin, violent, elle rencontre une communauté d’artistes à Charleroi, qui se réunissent dans un local appelé « La Mansarde », elle y trouvera de l’aide, et commence à chanter dans des cabarets sous le nom de Barbara Brodi ( en hommage à une de ses ancêtres ukrainiennes appelée Varvara, ou de sa grand mère Have Brosky), son répertoire, à l’époque, se compose de chansons de Juliette Gréco, Jacques Brel,ou d’Edith Piaf, malheureusement elle se faisait siffler copieusement.

En 1951, elle devient plongeuse au cabaret La Fontaine des Quatre Saisons, et pourra observer, sans jamais chanter, Boris Vian, Henri Crolla ou encore Mouloudji. Elle retourne à Bruxelles, et rencontre Ethery Rouchadze, une pianiste géorgienne, qui l’accompagne au piano, et qui lui permettra de se perfectionner en lui donnant des cours. Ethery, lui fait rencontrer Claude Sluys, un avocat qui lui écrit des chansons, et lui déniche le théâtre du Cheval Blanc, pour y ouvrir un cabaret pour qu’elle s’y produise sous le nom de Barbara.

Au début de l’année 1955, elle enregistre deux chansons sur Decca : Mon pote le gitan, et L’œillet blanc, diffusés en 78 et 45 tours.

Néanmoins, ils se séparent la même année, et elle retourne à Paris, o% elle chante dans des petits cabarets : La rose rouge en 1956, Chez Moineau en 1957, puis à L’Écluse en 1958. Elle réussira a s’imposer sous le surnom La Chanteuse de minuit, et aura un public de fidèles, notamment des étudiants du Quartier latin. Elle effectuera son premier passage à la télévision en 1958 dans Cabaret du soir, sous le nom de Barbara.

Elle enregistre son premier Super 45 tours La Chanteuse de minuit, avec deux chansons qu’elle a écrite : J’ai troquée, et J’ai tué l’amour, puis au printemps 1959 son premier 33 tours Barbara à L’Écluse.

En décembre 1959, apprenant que son père, mourant  la réclame à Nantes, elle s’y rend, mais arrive après son décès. Au lendemain de son enterrement, elle commence l’écriture de Nantes, qu’elle finira quatre ans plus tard, juste avant son passage au théâtre des Capucines.

En 1960, elle change de maison de disques et enregistre Barbara chante Brassens puis Barbara chante Jacques Brel.

En 1961, elle se rend à Abidjan, ou elle retrouve son amant le diplomate Hubert Ballay, pour lequel elle écrit Dis quand reviendras tu, avant de le quitter

En 1963, elle retient l’attention au théâtre des Capucines avec un répertoire nouveau comprenant Nantes, et Dis quand reviendras tu. Le succès est si important, que Philips lui signe un contrat et Brassens lui propose de faire sa première partie.

En 1964, elle va en Allemagne de l’Ouest, sur l’invitation du directeur du Junges Theater de la ville de Gottingen,et agréablement surprise et touchée par l’accueil chaleureux, elle prolonge son séjour, et l’avant veille de son départ écrira Gottingen.En 1967, elle ira a Hambourg, l’enregistrer avec neuf autres titres, traduits en allemand pour le 33 tours Barbara singt Barbara. Gottingen sera utilisé dans les années 80 pour promouvoir l’amitié franco allemande.

Comme convenu, elle chantera à Bobino avec Brassens,le public et les critiques sont unanimement conquis quant à la performance de Barbara « Un faux pas de Brassens, une prouesse de Barbara », dira l’Humanité, Paris Presse dira qu’elle  » fait presque oublier Brassens. »

En 1965, France Inter organise une journée Barbara sur ses ondes : la chanteuse en si marquée qu’elle l’immortalisera dans une de ses chansons : Ma plus belle histoire d’amour.

L’année suivante, elle écrit La dame brune, chanson d’amour qu’elle interprète en duo avec Georges Moustaki.

En décembre 1966, Barbara se produit à nouveau à Bobino, où elle interprète notamment Au cœur de la nuit ou elle évoque  « un bruissement d’ailes qui effleure son visage », évoque la mort de son père , et le pardon, trois ans avant L’aigle Noir.

Elle fait une pause dans sa carrière de chanteuse entre 1969 et 1971, où elle signe la musique d’une pièce musicale Madame, et tient un rôle au théâtre de la Renaissance,puis sort L’aigle Noir.

En 1972, elle joue dans un film de son ami Jacques Brel, Franz, dans lequel elle joue une femme laide, incapable de vivre l’amour dont elle rêve, puis deux ans plus tard, elle jouera une diva délaissée dans L’oiseau rare de Jean Claude Brialy.

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Puis Maurice Béjart, la fait tourner dans Je suis né a Venise, un film qui ne sera diffusé qu’a la télévision, elle y tient deux rôles, celui d’une chanteuse, et celui de la Dame de la nuit.

En 1973, elle s’installe a 30 km de Paris, dans une ancienne ferme, transforme la grange en théâtre, et découvre le plaisir de jardiner. Le matin du 5 juin 1974, elle est retrouvée inanimée dans son lit : elle souhaitait dormir et avait pris tous les cachets qu’elle avait sous la main, elle dira plus tard  » je ne voulais pas mourir, je voulais dormir.La même année, elle  décide d’arrêter d’apparaître à la télévision.

En 1981, son album Seule est l’une des meilleures ventes, ses concerts deviennent de véritables messes dont les rappels ininterrompus se prolongent tard dans la nuit. C’est lors de ce spectacle que sa voix se casse, et même si au départ elle s’en affole, par la suite elle ne cherchera plus à le cacher, et trouvera que sa voix « au crépuscule » rend plus justement l’effet dramatique et authentique de son interprétation.

En 1985, elle co-écrit avec Luc Plamondon la musique et le texte de la piece Lily Passion ou elle joue et chante avec Gérard Depardieu.

A cette période, elle s’investit dans la collecte de fonds pour le traitement du SIDA, elle rend visite aux malades dans les hôpitaux et dans les prisons, et met des corbeilles de préservatifs à disposition lors de ses concerts, et écrite Sid’amour à mort.

Apres plus de quinze ans loin des studios, elle enregistre douze nouvelles chansons durant l’été 1996, Sorti le 6 novembre, Barbara sera son chant du cygne.

Puis malade, elle se consacre a la rédaction de ses mémoires, mais son travail est interrompu le 24 novembre 1997 par un choc « toxi infectieux d’évolution foudroyante », elle décède a Neuilly sur Seine à l’age de 67 ans.

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