Les élections présidentielles brésiliennes

Comme beaucoup de monde, j’ai entendu parler des élections présidentielles brésiliennes au moment du scrutin du premier tour, où le candidat d’extrême droite est arrivé en tête, Jair Bolsonaro, celui qu’on surnomme déjà « le Trump brésilien »,  un ex militaire, misogyne, homophobe. Mais si cela fait peur, c’est que le populisme arrive au Brésil,  et fait reculer à son tour les partis traditionnels brésiliens, qu’ils soient de gauche ou de droite, comme il l’a fait dans d’autres pays du monde. Et je redoute les conséquences que pourrait avoir la mise au pouvoir d’un Trump bis dans un des pays en voie de développement les plus « avancés » au monde.

Parlons un peu du contexte : avant les élections présidentielles,, la cour fédérale brésilienne fait annuler 2.4 millions de cartes électorales, au motif qu’elles n’ont pas été mises à jour et n’ont pas été enregistré dans le système biométrique. Le problème, c’est que ça empêche de voter majoritairement les élécteur.trice.s pauvres, majoritairement vivants dans le Nordeste, qui votent massivement pour le parti des travailleurs.

De plus,Lula, le président sortant ne peut plus se représenter, car condamné par une peine d’inéligibilité le 31 août 2018, à cause d’une loi qui demande un casier judiciaire vierge pour se présenter.

Après une campagne mouvementée, où Haddad, colistier de Lulla est accusé de corruption, où en février 2018, la caravane de Lulla essuie des tirs, où fin août des militants PSOL sont agressés, et où un militant de gauche est tué par un militant d’extrême droite et où  Bolsonaro a été blessé au couteau par un homme début septembre, il arrive tout de même en tête avec plus de 49% des voix au premier tour.

Personnellement, ça m’inquiète beaucoup parce que j’ai peur que le schéma se répète, et que Bolsonaro soit élu,et même s’il essaie de modérer ses propos pour plaire au plus grand nombre, je trouve que ça en dit long sur l’état du monde.

Du fait, que pour la plupart des gens, les partis « classiques » ne représentent plus rien, si ce n’est des nids à corruption et à mensonges, et qu’une partie veuille donner leur chance à des entités politiques nouvelles, dans la forme, mais pas dans les idées qu’elles proposent. Et en ce moment, ça marche, on a l’exemple de la France avec Macron et son mouvement En Marche, Trump, élu aux Etats Unis, le gouvernement italien…

Mais parlons de pourquoi Bolsonaro, le candidat d’extrême droite est détestable : tout d’abord économiquement, il se veut défenseur du libre échange, de la privatisation d’entreprises publiques, et adopte une attitude protectionniste. De plus, concernant les aides sociales accordées aux populations les plus pauvres par le gouvernement précédent il dira qu’elles « nourrissent une population de bandits et de fainéants  »

Il est aussi favorable à la majorité pénale à 16 ans, au port d’armes, à la peine de mort ( alors qu’elle est abolie depuis 1979), de l’utilisation de la torture contre les trafiquants de drogues, ainsi que de la stérilisation forcée des individus les plus pauvres, et se montre souvent nostalgique de la période de dictature, qualifiant le coup d’état de 1964 comme une « révolution démocratique »( comme quoi tout le monde ne comprend pas les mots révolutions et démocratie de la même façon)

Il est opposé à la laïcité et est contre l’avortement, il dit tolérer les violences faites aux enfants présumés homosexuels et a dit  vouloir voir son fils tué dans un accident s’il était homosexuel.évidemment, il est contre le mariage pour tous.

De plus il est très misogyne, il dira par exemple qu’il faut arrêter « avec cette histoire de féminicide, et a dit à une de ses collègues députées fédérale « qu’il ne pourrait jamais la violer tant il la trouvait laide »….

Quant aux quotas dans les universités pour les personnes racisées, et les autochtones, il y est fermement opposé, et dira même concernant les populations là avant l’invasion des portugais  qu’il ne veut pas « un centimètre de plus pour les Indiens ni pour ces bons à rien de quilombolas « …D’un point de vue environnemental, il souhaite que le Brésil se retire des accords de Paris, veut construire une autoroute dans la foret amazonienne, en privant les communautés autochtones de leurs droits pour permettre aux entreprises minières de jouir de leurs territoires, expulser les ONG écologistes, et assouplir les lois sur la protection de l’environnement ( lui aussi doit croire que le réchauffement climatique est une invention des Chinois)

Il a une admiration pour Trump, et souhaite fermer l’ambassade de Palestine au Brésil, ce qui le place très clairement du côté de Trump et des pro israeliens, sur l’échiquier politique.

Je ne suis pas femme politique, ni sociologue, je ne suis donc pas là pour proposer des solutions, mais pour mettre en garde contre la montée des partis d’extrême droite dans le monde entier.


Sources :

Wikipedia-Les éléctions présidentielles brésiliennes de 2018

Le Monde – La candidature de Lula est invalidée

Les Echos- Au Brésil, les milieux d’affaires ont désormais leur candidat

Le Parisien- Le candidat d’extreme droite, favori d’une campagne sous tension

Bastamag-Nous assistons en direct à la fascisation du Brésil

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