Claude Cahun

C’est en regardant une émission à la télé, qui parlait du fait qu’iel allait étre exposé que j’ai découvert le travail de cette personnalité singuliere du monde de l’art du XXieme siecle : Claude Cahun

D’abord, j’utiliserais le neutre pour parler d’iel, car  elle écrira dans Aveux non avenus

« Masculin ? Féminin ? Mais ça dépend des cas. Neutre est le seul genre qui me convienne toujours »

Alors qu’iel était peu connu.e lorsqu’iel était vivant.e, son oeuvre a connu une recrudescence d’intérêt ces 30 derniers années…Ce renouveau d’intérêt va peut être de fait de l’émergence de la culture queer, qui ont émergés en France dans les années 80, avec les premières Prides par exemple,…

Il faut dire qu’iel était très en avance sur son temps : militant.e de gauche, résistant.e durant la Seconde Guerre mondiale, elle fut aussi un.e des premier.e.s artistes à vivre au grand jour son amour pour Marcel Moore ( de son vrai nom Suzanne Malherbe)

Lucy Schwob, né.e le 25 octobre 1896 à Nantes, et enfant de Maurice Schwob, créateur du journal républicain Le phare de la Loire, malgré l’aisance de sa famille, iel vivra une enfance assez compliquée puisque sa mère sombre peu à peu dans la démence.Iel est élevé.e  au lycée de jeunes filles de Nantes, et entre 1905 et 1907, iel subira du harcèlement scolaire : surtout parce qu’iel est juif.ve et qu’à l’époque on est en pleine affaire de la réhabilitation d’Albert Dreyfus. En 1907, iel est ligoté.e à un arbre et lapidé.e, heureusement les surveillants arrêtent la séance à temps, puis lors de la  remise des diplômes, son père est témoin de l’hostilité de ses camarades, et décide de l’envoyer dans une école dans le Kent en Angleterre, puis en 1908-1909, elle retourne à Nantes mais ne suivra qu’une partie des cours.

C’est en 1909 qu’iel tombe amoureux.se de Suzanne Malherbe, la fille d’un couple d’amis des Schwob. Iels vivront une relation clandestine jusqu’en 1917, puis deviennent sœurs par alliance car le père de Louise se remarie avec la mère de Suzanne.Iels  vivent ensemble dans un appartement de l’immeuble du Phare de la Loire.

En 1914, iel fait publier ses premiers textes dans le Mercure de France sous le pseudonyme de Claude Courlis puis de Claude Cahun ( nom de sa grand mère), et elle publie également des textes dans le journal de son part tandis que Suzanne toent une rubrique Mode. En 1918, Lucy part à Paris suivre des études de lettres, Suzanne la suivra, et ne la quittera plus jusqu’à la mort de cette dernière.

En 1924, Claude dessine les costumes du film La Dame masquée de Victor Tourjansky, puis en 1925, iel publie dans Mercure de France Les Héroines, des textes sur Eve, Dalila, JUdith ou Sapho

Iel jouera en 1929 dans la pièce Barbe Bleue de Pierre Albert Birot, puis entreprend la traduction d’une étude de psychologie sociale de Havelock Ellis.

En 1930, iel publie Aveux non avenus, un texte autobiographique illustré de photomontages

 

« Je sens comme si je les voyais, mes cuisses maigrir d’une sueur de fièvre, douche parfois brûlante, parfois glacée, toujours inattendue. Mes genoux vidés, les os dissous, vêtu d’un parchemin lucide, se gonflent, flottante vessies de porc. Mon cœur alenti sonne un glas funèbre, puis bat bruyamment comme un tocsin. Il devient mobile, se promène dans mon ventre, y éclate en coliques profondes. À chaque secousse, une conscience tombe, pulvérisée. Peu à peu, je m’allège. Bref répit ! Mon cœur se gonfle outrageusement et s’emplit d’hydrogène. Gros ballon rouge et bleu, il monte au bout d’un fil.
À l’autre bout, c’est une guêpe enfermée, qui frappe à coups venimeux aux parois de ma poitrine. Si je l’aidais à sortir ? Et mes ongles sans hésiter pratiqueraient un jour qui guide l’échappée de ce cœur s’il ne faisait dehors désespérément noir.
Ô nocturne sans issue qui se joue dans les cercles de la nuit musicale, infernal serpent qui s’est décapité en avalant sa queue, bracelet aux sept chaînes hermétiques… »

En 1932, iels adhérent à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, Claude rencontre André Breton et René Crevel et commencent à fréquenter le groupe surréaliste, et sera aussi lié au groupe Brunet, fondé par Jean Legrand.

En 1934, iel fait paraître un tract Les paris sont ouverts, dans lequel iel dénonce les positions de Louis Aragon, qui vient de quitter le mouvement surréaliste pour adhérer au Parti communiste

Iel participera à la première exposition surréaliste d’objets, puis à Londres à l’International surrealist exhibition en 1936, puis en juillet 1937, iel illustrera de photos Le coeur de pic, un poeme de Lise Deharme

En juillet 1937, Claude Cahun et Suzanne Malherbe achètent une ferme à Jersey, La Rocquaise, et s’y installent en mai 1938.

Entre 1940 et 1945, iels vivent à Jersey, ville occupée par les Allemands, mais iels participent à la Résistance en rédigeant et diffusant des tracts signés « Le soldat sans nom » en allemand pour les  soldats de l’armée allemande.I els profiteront surtout des cérémonies de funérailles militaires, puisque le cimetière utilisé par les Allemands se trouvaient proches de chez eux. Iels ne seront identifiés comme auteurs qu’en 1944, après avoir été interrogé une première fois en mars 1943, le 25 juiller iels sont arrêté.e.s et condamné.e.s à mort le 16 novembre, leur peine est toute fois commuée, à une époque où la France est libre mais pas les îles anglo normandes.

Claude, affecté par les années de guerre, voit sa santé se dégrader.Elle tente de renouer des liens avec ses amis surréalistes ( Breton,Oppenhein,Toyen ou Péret), pense s’installer à Paris, mais rentre à Paris pour y mourir.

Tout au long de sa vie, iel fut un.e artiste touche à tout, tour à tour photographe, peintre, modèle, traductrice, costumière et plasticien.ne, c’est ce que j’apprécie chez iel. Comme iel, j’essaie de toucher à un maximum de domaines artistiques, car j’ai une grande force créatrice, malheureusmeent, je n’ai pas encore vraiment trouvé la discipline dans laquelle j’étais douée…

Mais au dela de l’artiste, c’est la personne qui me plait, dans ce qu’elle défend, et sa liberté d’agir selon ses convictions, dans une époque, engluée dans le fascisme et le nazisme.

J’aime particulièrement l’esthétique de ses auto portraits :

 

Sources :

Article du Monde sur Claude Cahun

Page Wikipédia sur Claude Cahun

Article de Boumbang sur Claude Cahun

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