M.I.A

Aujourd’hui, j’ai décidée de vous parler d’une autre rappeuse que j’apprécie beaucoup : il s’agit de M.I.A.

J’ai connu sa musique durant mes années lycée, et depuis, je me suis toujours dit que je devrais m’intéresser plus à sa musique, et à ce qu’elle défend dans ses chansons… C’est parti pour une présentation en bonne et due forme de cette grande artiste.


Mathangi Arulpragasam est née le 18 juillet 1975, à Londres. Elle est la fille de Arul Pragasam, un ingénieur, écrivain et activiste tamoul srilankais, et de sa femme, Kala une couturière.

Alors qu’elle n’avait que six mois, sa famille déménage à Jaffna dans le nord du Sri Lanka, où son frère Sugu est né.  C’est la bas que son père prend le nom d’Arular et devient un activiste politique, et est un membre fondateur de l’ Eelam Revolutionary Organisation of Students (EROS), un groupe tamoul affilé au LTTF.

Jusqu’à ses onze, elle et sa famille n’ont pas cessé de bouger à cause de la guerre civile sri-lankaise : sa famille devait se cacher de l’armée, et elle n’a pas eu beaucoup vu avec à cette époque.

Elle est allée dans un couvent catholique, c’est la qu’elle développe ses talents artistiques

Pendant la guerre civile, les soldats tiraient dans les murs de l’école, on l’entraînait, elle et ses camarades, à se mettre sous les tables et à ramper dans les classes d’anglais.

Sa mère les a fait déménager pour des raisons de sécurité à Madras en Inde, où iels vivaient dans une maison délabrée, et ils ne voyaient que peu leur père, qu’on faisait passer aux yeux des enfants comme leur oncle. La famille retourna à Jaffna temporairement, juste le temps de voir que la guerre empirait au nord du Sri Lanka.

Alors qu’elle n’avait que 9 ans, son école fut détruite par un raid du gouvernement.

Sa mère retourna à Londres en 1986, une semaine avant l’anniversaire de M.I.A.

Ils furent accueillis comme réfugiés, son père les rejoint bientôt et devint un médiateur indépendant pour mettre fin à la guerre civile, jusque dans les années 2010:

Elle passa le reste de son enfance et de son adolescence vivant à Londres, où elle a appris à parler anglais. Dans son école, elle n’était que deux de familles asiatiques, ce qu’elle décrira comme immensément raciste plus tard

Alors qu’elle vivait en Angleterre, et élevait ses enfants, sa mère devint chrétienne en 1990, et travailla comme couturière pour la famille royale.

Elle continua ses études au Ricards Lodge High School, puis entra à la Central Saint Martins, alors qu’elle n’avait pas postulée de manière conventionnelle, elle en sortit en 2000 diplômée en arts appliqués, film et vidéo.

Lors de ses études, elle voulait faire des films, et de l’art, qui parlait de la réalité et serait accessible au plus grand nombre, quelque chose qu’il manquait à ses camarades de classes d’après elle. Les cours de mode l’ennuyaient, elle dira plus tard à Arthur Magazine  » Les étudiants qui exploraient l’apathie, s’habillant comme des pigeons, et couraient partout en conceptualisant tout et rien… Leur démarche se détournait de ce que fait l’art : représenter la société…La réalité sociale n’existant pas la bas, ça s’arrêtait à la théorie. »

Elle citera le « cinéma radical », y incluant Harmony Korine, Dogme 95 et Spike Jonze, comme ces inspirations cinématiques. Elle a été contactée par John Singleton pour travailler à Los Angeles  sur un film, après qu’il ait lu un des scripts qu’elle avait écrit, mais elle décida de décliner l’offre.

Elle se fit des amis dans les départements de la mode, de la pub et du graphisme : elle rencontra Justine Frischmann, la leadeuse d’Elastica, grâce à une amie, et elle lui commande la pochette de leur album The Menace, et de faire un film sur leur tournée en Amérique.

Elle retourna à Jaffna en 2001, pour filmer un documentaire sur la jeunesse tamoule, mais n’a pu finir le projet car elle a subie du harcèlement.

La même année, elle organisa sa première exposition de peintures, dans l’Euphoria Shop à Londres. Elle contenait des graffiti, et des canevas fait de peintures en bombes, mélangeant des exemples de street art politique tamoul et des images de Londres et de la culture consumériste. Son exposition fut nommée pour un Alternative Turner Prize,et un livre de monographies de la collection fut publié en 2002, sous le titre M.I.A.

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En 2001, elle dessine la pochette de leur single The bitch don’t work et va avec le groupe sur les routes pour  faire un documentaire. Elle put rencontrer Peach, et fut introduite au Roland MC-505, et elle l’encouragea à faire de la musique, un médium qu’elle n’avait jamais exploré auparavant par manque de confiance en elle.

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Pendant ses vacances dans les Caraïbes elle s’entraina avec le MC 505 de Frischmann, elle trouva son nom de scène MIA, qui signifie Missing in Acton.

Elle expliquera en 2012, que son nom lui vient de son cousin qui a disparu, elle voulait faire un film pour découvrir ou il était passé depuis qu’il avait disparu à Acton.

De retour à Londres, elle partage un appartement avec Frischmann, elle travaille sur un set-up simple ( un enregistreur à quatre pistes de seconde main, le MC 505 and un microphone de radio), composant et enregistrant une démo de six chansons, qui incluait Lady Killa, M.I.A. et Galang.

En 2003, le label indépendant Showbiz Records a fait pressé 500 vinyles de Galang, un mélange de dancehall, d’electro, de jungle et de world music. Elle devint une sensation underground, car les radios étudiantes la passaient beaucoup, et Galang et Sunshowers passaient beaucoup en boite, et sur les défilés, et grâce au partage de fichiers. Elle fut une des premières artistes à construire une fanbase exclusivement par ces médias.

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Elle commença à  mettre en ligne sa musique sur Myspace, en juin 2004. Des labels majeurs ont pris conscience de sa popularité avec Galang, et elle fut signée sur XL Recordings en 2004.

Son single suivant Sunshowers, décrit la guérilla et les persécutions religieuses, ce qui lui inspirera le clip, tourné dans la jungle en India. Galang ressortit en 2004, et le clip montrait de nombreuses M.I.A. contre un assortiment de chars et de soldats faits en graffiti

Elle sortit une mixtape appelé Piracy funds Terorism, qui reçut un bon accueil critique.

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Elle fit sa première tournée en Amérique du Nord ne février 2005, en mars, son album Arular sort, il est nommé ainsi à cause du nom de guerre de son père. Dans cet album elle aborde, la guerre en Irak, et son passé entre autres.

Elle a également eu l’occasion de travail avec Missy Elliot sur Bad Man, pour son album The Cookbook.

En 2006, elle sort son deuxième album studio Kala, appelé ainsi en hommage à sa mère qui fut enregistré dans de nombreux pays : en Inde, au Liberia, en Jamaïque, en Australie, au Japon, au Royaume Uni

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Kala contient des rythmes traditionnels comme le soca,  de la musique rave, et des bootleg de musique de films tamouls. Les chansons, les artworks sont perçus comme plus sombres mais plus festifs, en incorporant des thèmes comme les politiques migratoires, les relations personnelles et la guerre.

En février 2007, elle sort le premier titre Bird Flu, qui a été posté avec un clip sur son Myspace. La même année, elle est en featuring sur Come Around, une chanson sur Shock Value, le dernier album de Timbaland

Le premier single officiel Boyz sort en juin 2007, avec un clip crée par Jay Will et M.I.A.

Puis le signe Jimmy écrit comme une réponse à une proposition d’un journaliste qui lui conseillait d’aller jouer dans des régions affectés par les génocides au Rwanda, alors qu’elle était au Liberia

Puis Paper Planes, qui est construit comme une satire sur les stéréotypes sur les personnes migrantes

En 2008, elle chante en guest sur une chanson de Buraka Som Sistema Sound of Kuduro, enregistré en Angola,  puis elle tourne un documentaire avec Spike Jonze, où elle apparaît avec Afrikan Boy, un rappeur nigerian, et annonce qu’elle aimerait lancé sa propre maison de disques Zig-Zag.

Elle décide également de mettre sa carrière en pause, et de travailler sur d’autres projets artistiques, retourner à l’université, et de faire un film.

Elle fut la première personne d’origine asiatique à être nommée pour un Oscar et un Grammy la même année.

Elle démarre également sa maison de disques indépendante N.E.E.T. Recordings, annonce qu’elle attend son premier enfant, et travaille sur la bande originale de Slumdog Millionaire avec le titre O…Saya.

MIA revient en 2009, lorsqu’elle est nommée aux BRIT Awards dans la catégorie meilleure artiste britannique.
Voulant promouvoir de nouvelles musiques underground avec N.E.E.T., elle signe de nouveaux artistes comme Blaqstarr, le groupe d’indie rock Sleigh Bells, ou l’artiste visuel Jaime Martinez.

Son troisième album Maya, stylisé /\/\ /\ Y /\  sort en juin 2010, et elle le décrira dans une interview donnée à Dazed&Confused qu’il était un mélange de « bébés, de mort, de destruction et d’impuissance »

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Le 11 mai 2010, son premier single officiel XXXO, puis sortira Steppin Up, TeqKilla et Tell Me Why.

De 2000 à 2010, elle réalisera les clips d’Elastica des chansons suivantes Mad Dog God Dam, Bird Flu, Boyz, S.U.S (Save Ur soul), Space et XXXO, et le clip de Bang de Rye Rye

Le 31 décembre 2010, elle sort sa deuxième mixtape Vicki Leekx, puis Internet Connection : The Remixes, un EP de chansons additionelles de Maya, en janvier 2011.

Elle sera sur C.T.F.O. sur l’album de Total de SebastiAn.

Le 24 juillet 2011, le lendemain de la mort d’Amy Winehouse, elle sort une démo 27 sur son compte Soundcloud, qui est un hommage au club des 27

Elle co-écrira avec Madonna et Nicki Minaj la chanson Give Me All Your Luvin pour l’album MDNA, et l’a joué au Superbowl. Au lieu de chanter « shit », elle a fait un doigt d’honneur à la caméra. La NFL l’a poursuivi, lui demandant des millions en dommages et intérêts et de faire des excuses publiques.

Elle et son équipe légale ont répondu que des gens travaillant à la NFL où des joueurs ont déjà eu des comportements similaires. Elle sort plus tard une vidéo où elle explique que ça va si elle est sexuellement exploitée étant donné qu’elle est une femme, mais si elle veut se montrer comme forte, et d’être punk, ça ne passe pas.

MIA apparaît également sur le titre B-Day Song, une autre chanson sur MDNA

Sa chanson Bad Girls, venant de la mixtape Vicki LEEKX, sort en janvier 2012

En 2012, elle signe sur Roc Nation, puis en octobre sort une autobiographie M.I.A., qui documente les cinq premières années de l’art de M.I.A. qui se déploie sur trois LPs. Le livre contient des oeuvres d’arts, et de nombreux écrits de M.I.A.

Matangi est enregistré tout autour du monde, et elle décrit comme un mélange des trois précèdents, et il sort sur Interscope et sur le label de M.I.A. N.E.E.T Recordings, mais alors qu’il devait sortir d’abord le 31 janvier 2013, puis le 15 avril, l’album ne sort pas…. M.I.A. révélera que le projet n’a pas été accepté par Interscope, parce que le disque était « trop positif »

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Bring the Noize sort le 17 juin 2013 comme single de l’album, et finalement l’album sort le 5 novembre, après que M.I.A. ait menacé Interscope de le sortir gratuitement

Elle quitte Roc Nation, le 31 décembre 2013.

Le 13 juillet 2015, M.I.A. sort une vidéo de cinq minutes Matahdatah Scroll 01 Broader than a border, qui contient deux de ses titres Warrior et Swords. La vidéo est filmée en Inde et en Afrique de l’Ouest

Le 27 novembre, elle sort le titre Borders, qui est un cri de ralliement et un appel à la compassion pour les personnes migrantes, la chanson se moque des problèmes des pays occidentaux, et donne à voir son point de vue sur la crise migratoire.

En janvier 2016, le Paris Saint Germain l’a poursuit pour avoir porté un de leur T-Shirts sur Borders, remplaçant Fly Emirates par Fly Pirates…

En février, elle sort Boom ADD, une version rallongée de Boom Skit, qui apparaissait sur son quatrième album : c’est une réponse au procès de NFL concernant sa performance au SuperBowl

Le 9 septembre 2016, elle sort son cinquième album AIM, puis sort une nouvelle chanson en février 2017 P.O.W.A.

En 2018, Matangi/Maya/M.I.A., un documentaire de 90 minutes, qui montre son entrée dans la célébrité et son activisme politique autour de la guerre civile sri-lankaise sort, et gagne même un prix à Sundance. Après la sortie du film sur les plateformes digitales en décembre 2018, elle sort le clip de Reload.


Elle a été décrite comme « anti popstar », car elle refuse de se conformer à certaines attentes des stars pop.

Mais au delà de sa musique, de ses textes engagés, et de son caractère de femme forte, je l’apprécie aussi pour son engagement !

En effet, elle est reconnue pour intégrer de l’imagerie de violence politique dans ses clips. De plus, elle parle très souvent dans ses chansons : de politique, d’identité, de pauvreté, de révolution, de genre, et de stéréotypes genrées, et de guerre.

Elle a pu se dresser en faveur de l’Organisation de libération de la Palestine, et des mouvements indépendantistes tamouls.

Sur son second album, elle explore les politiques migratoires et ses relations personnelles.

Sur son troisième album, elle s’attaque aux politiques de l’information à l’age du numérique

Elle dira également que le fait qu’elle ne pouvait pas s’exprimer étant enfant, lui a donné l’énergie pour être porte-parole des réfugié.e.s, et de la voix des civil.e.s lors de conflits armés.

Elle a utilisée les réseaux sociaux comme Twitter ou MySpace pour dénoncer les abus des droits de l’Homme, et les crimes de guerre perpétrés par  le Sri Lanka sur les Tamouls, en s’appuyant sur des articles, des écrits de groupes défendant les droits de l’Homme, des rapports de gouvernements, et sa propre expérience d’enfants, pour appeler à un cesser le feu.

Elle a aussi beaucoup utilisé l’imagerie du tigre, un symbole des Tigres Tamouls. De plus étant la seule tamoule connue dans le monde occidentale, elle se sent comme ayant la responsabilité de les représenter et de les visibiliser sur la scène internationale.

En 2009, des manifestations contre la diaspora tamoule se sont organisés, elle a donc rejoint d’autres activistes pour condamner les actes du gouvernement sri-lankais contre le peuple tamoule, qui est un génocide lent et systématique.

Elle a dénoncée l’inaction des gouvernements, qui laisse le Sri Lanka user de censure et de propagande pour cacher la rébellion qui se passe sur l’île, et lui donne une impunité malgré les atrocités perpétrés, sans volonté d’y mettre fin

On l’a accusé d’être une sympathisante terroriste, et de supporter le LTTE, par des figures publiques comme Ophrah Winfrey, et le gouvernement sri lankais… MIA se rappelle de leur échange « Elle m’a dit de la fermer, elle m’a pris en photo mais m’a dit  » je ne peux pas te parler parce que t’es folle et t’es une terroriste », et je lui ai répondu  » Je ne suis pas une terroriste, je suis tamoule, et il y a des gens qui meurent dans mon pays « 

Deux semaines avant sa mort, le leader du mouvement des Tigres B.Nadesan a dit au magazine indien The Week qu’il pensait que l’humanitarisme de M.I.A. a été une source de force pour les Tamouls,

En 2008, elle filme de la fenêtre de son appartement, un incident ou un homme noir est appréhendé par des policiers blancs, qui, à la luliere de la tuerie de Sean Bell, a permis un débat sur la force nécessaire à une arrestation.

le 20 novembre 2013, Stephen Colbert lui demande dans son émission The Colbert Report, ce qu’elle pense des Etats Unis, et elle répond  » Tu sais, dans mon esprit, il n’y a pas de pays, on vit tous sur la même planète.

Puis en décembre, elle dit à TIME que si elle avait pu choisir la personne de l’année, elle aurait choisi Edward Snowden

En 2009, elle dira que Barack Obama devrait rendre son prix Nobel de la paix, comme John Lennon a rendu son MBE,

En 2010, elle condamne le gouvernement chinois qui aide et vend des armes au gouvernement chinois, expliquant qu’à cause de la place prépondérante aux Nations Unies, elle ne peut pas être poursuivie pour crimes de guerres.

Elle soutient WikiLeaks et Julian Assange, car il était le premier site d’information à confirmer les informations sur la guerre au Sri Lanka, les premiers à dire la vérité sur ce qu’il arrive aux Tamouls

En 2016, elle parlera de sa décision de sacrifier la renommée et l’argent pour sa liberté d’expression  » J’avais le choix de la fermer, et de pas être politique, pour être encore plus célèbre et populaire et plus riche. Mais ce n’est pas le choix que j’ai fait »

En 2016, elle publie un article sur Twitter qui montre qu’il y a plus de citoyens américains qui ont été par la police que de militaires depuis le 11 septembre 2001.

 

 

 

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