Mon parcours scolaire

Après avoir écrit sur le harcèlement scolaire que j’ai vécue au collège et au lycée, et sur le fait que j’arrêtais la fac, j’avais envie de vous parler de mon parcours scolaire dans sa globalité.

Il y a quelques jours, j’ai regardé Le Cercle des Poetes disparus, et c’est ce film qui m’a donné envie de vous parler de mon parcours scolaire. Dans le film, on suit une bande de lycéens dans un lycée privé anglais, qui aidé par leur prof de littérature décide de vivre le moment présent, et de se défaire un peu du moins, des convenances, des règles, et de réfléchir par eux mêmes.
L’un d’eux, que son père voulait voir devenir médecin, se prend d’amour pour le théâtre, et décide de devenir acteur, obtient le premier rôle pour une pièce de Shakespeare. Malheureusement, son père l’attend à la fin de la pièce, le ramène chez lui, et le sermonne sur le fait qu’il va l’envoyer dans une école militaire, et qu’il fera médecine, qu’il faut oublier le théâtre, qu’il a consenti beaucoup de sacrifices, et que sa mère souffre de cette situation. Le gamin finit par se suicider.
Ce film a vraiment résonné en moi, parce que si je n’avais pas eu mon partenaire, et le soutien de mon frère jumeau, je ne serais plus là pour en parler…

Durant mon enfance, j’ai été un peu trimballée de ville en ville, du fait que mon père était souvent muté, puis que mes parents ont divorcés : j’ai fait ma maternelle dans le Sud, mon CP dans une école à Voiron (38), puis le reste de ma scolarité dans la même agglomération.

Je me souviens qu’en CE1, j’étais un véritable animal sauvage : je restais seule, et ne voulait pas avoir d’ami.e.s de mon âge, je ne restais qu’avec les adultes, puis dès le CE2, j’ai voulue être la première de ma classe…
Je me souviens avoir voulu lire l’Iliade et l’Odyssée pendant des vacances, mais je n’ai jamais réussi.

Si j’ai voulu être la fierté de mes parents, c’est qu’aucun.e de mes freres et soeurs ne l’était : ma sœur ainée a eu une scolarité plus que chaotique : elle a redoublée plusieurs fois au collège, et a obtenu avec peine un CAP Coiffure, mon autre soeur a redoublée la troisième, et a fini par obtenir un bac pro, avant de décrocher un BTS Diététique, et mon frère devait partir en lycée professionnel pour faire de la cuisine, a finalement du faire un bac STMG, puis un BTS Hôtellerie Restauration, et a aujourd’hui trouver sa voix : le Français Langue Étrangère et Seconde.

Pour moi, c’était une obligation de savoir ce que je voulais faire de ma vie, et surtout de ne pas être une énième déception pour ma famille maternelle surtout…Alors que j’étais tout aussi perdue que les autres membres de ma famille : j’avais voulue étre institutrice, avocate, policière, journaliste,psychologue, styliste, … Mais, j’ai pris la décision de balayer tous mes rêves avant qu’on soit fier de moi.

Au collège, et au lycée, j’étais plutôt douée en anglais et en littérature, j’aimais beaucoup les sciences humaines et sociales et les arts plastiques, et je tenais en honneur tout ce qui s’approchait de près ou de loin des sciences dites dures, elles me rappelaient beaucoup trop mon père et son dédain pour la littérature, la psychologie, les langues et les arts en général.

Du coup, quand je suis arrivée en fin de seconde, j’ai bien écoutée ma mère qui avait déja tracé tout mon parcours professionnel : baccalauréat littéraire, licence d’anglais et master MEEF, afin de pouvoir devenir prof…

J’ai bien essayé de protester en disant que je voulais plutôt intégrer un lycée où on proposait des filières qui me correspondait plus, mais c’était peine perdue. J’ai donc fait première et terminale littéraire, mais ca m’allait j’étais en ÉNORME crush sur un de mes profs d’anglais,… Mais une fois , le printemps de la terminale arrivé, il a fallu formuler des vœux sur ParcourSup, et j’ai eu beau dire à ma mère, que je voulais tenter l’épreuve des Beaux Arts, ou au moins une licence d’histoire de l’art, mais rien n’y a fait, j’ai courbé l’échine.

Je me suis engagée pour une licence LLCER ( Langues, littérature et civilisations étrangères et régionales) Parcours Anglais, que j’ai obtenue en quatre ans, sans avoir de très bons résultats : alors que j’avais eu 17 et 19 en anglais au bac, ma moyenne ne dépassait rarement les 10…

Les seules matières ou je brillais étaient mes options, plus tournée vers la communication, l’histoire des moyens de communication… Cela aurait du me mettre la puce à l’oreille…
Une fois ma licence finie, j’ai déménagé de chez ma mère à mon partenaire actuel, car après avoir vécue et travaillé seule pendant deux mois, je ne me voyais plus retournée vivre chez elle…
J’avais plus ou moins décidée de faire une année de pause, et je buvais un verre quand mon téléphone a sonné, et ma mère m’a dit que j’avais été accepté aux deux masters auxquels j’avais néanmoins postulé, pour lui faire plaisir…

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Malgré mon envie de ne pas continuer, j’ai courbé l’échine deux fois : en acceptant de continuer, et en choisissant celui qui me plaisait le moins des deux : le Master MEEF ( Métiers de l’enseignement et de la formation) Second Degré Parcours Anglais…

Dans ce Master, je retrouvais une partie des gens avec qui j’étais en L3, que je ne connaissais que peu, et que je n’appréciais guere… Je ne sais pas si c’est l’athmosphere de compétition, le fait qu’on nous enseignait comment embriaguader les jeunes dans l’amour de la République et de ses valeurs ( laissez moi vomir), le fait que je n’ai aucune autorité, et qu’une fois devant des élèves, je me sentais pas du tout en situation de supériorité, mais avec les jambes qui tremble et la voix qui déraille, ou que je n’avais vraiment pas envie de faire cours à des gamin.e.s, tant et si bien que j’ai arretée mes études le 14 février 2018…

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A cette époque de ma vie, je rentrais tous les soirs chez moi en pleurant, j’avais gout à rien, et j’étais terrifiée de plusieurs choses : de devoir enseigner à des gamin.es toute ma vie sans aimer ça, devoir rembourser ma bourse, et me retrouver sans ressource, et que ma mère apprenne que j’ai arrêtée mes études…
J’aurais pu et du arrêté bien plus tôt, mais j’ai longtemps hésité du fait de cette terreur… Mais les choses ont commencé à changer quand une de seules personnes que j’appréciais dans ma promo est parti…
Ça m’a brisé le cœur, mais je me suis rendue compte qu’il était possible de partir…

C’est mon partenaire qui m’a sauvé lorsqu’il m’a dit  » si c’est qu »une question de bourse je vendrais un de mes synthés et on les remboursera »…
Ça peut paraitre anodin, mais c’est vraiment ce qui a provoqué le déclic chez moi, et qui m’a donné le courage de stopper…
Et heureusement qu’il l’a fait, parce que si je n’avais pas arreté, je pense que je me serais ouvert les veines et laisser mourir dans ma baignoire…
Beaucoup de gens pensent que je faisais semblant, que je n’allais pas si mal que ça, et c’est horriblement blessant, comme si ma souffrance n’avait pas existé, n’existait pas, et qu’il suffirait que  » je me force un peu après tout »…

J’ai donc arrêté en février, trouvé un emploi en tant que femme de ménage peu de temps après, mais je l’ai quitté au bout d’une semaine… J’ai galéré pendant quelques mois, me suis inscrite à la Mission Locale, qui m’a permis d’avoir une carte de réduction de train, et qui voulait m’envoyer en Garantie Jeunes… Malgré le fait que je sois dans la merde, j’ai refusé d’y aller, parce qu’à mon sens, ça ne convenait pas à mon projet : il s’agit de travailler ou d’être en stage deux semaines par mois minimum, ce qui te permet de toucher une aide, en te permettant de découvrir des secteurs d’activité, mais ça impliquait de travailler dans des entreprises, qui n’avaient rien à voir avec ce que j’avais fait avant : beaucoup proposaient des emplois dans le secteur secondaire, ce qui ne convenait pas du tout à mon profil.

Du coup, j’ai décliné, et j’ai continué ç chercher du boulot et à postuler à des Services Civiques même si je continuais à percevoir ma bourse, puis j’ai trouvé mon Service Civique.

J’avais postulé un peu par hasard, entre une cinquantaine de candidatures, pour effectuer une Service Civique au sein de l’association Anagramme… Je me souviens y etre allée, toute stressée et mal à l’aise, mais aussi déterminée parce que c’était un peu l’entretien de la dernière chance, avant de me remettre à postuler à des jobs strictement alimentaires, et à m’inscrire en Garantie Jeunes

Et alors que j’allais chercher mon frère à un de ses partiels, je reçois un appel pour me dire que j’ai été choisie !

Vous ne pouvez pas savoir ma joie !

J’ai travaillé là bas pendant neuf mois, et ça a été clairement ma meilleure expérience professionnelle de ma vie. J’ai travaillée avec la chargée de communication, et une des comédiennes qui organise la festival « L’Echappée Noire »…
Toutes les tâches étaient géniales : rechercher des couleurs pour la plaquette, trouver des idées, créer des flyers, des affiches pour leur communication, créer des campagnes d’e-mailing avec MailChimp, mais aussi envoyer des mails pour créer des partenariats pour le festival, convenir de rendez vous, assister aux rendez vous,  remplir les budgets, compléter le dossier bilan projets, aider à faire les demandes de subventions, rechercher de nouveaux partenariats…J’ai pu assisté à une assemblée générale et à un conseil d’administration, ce qui m’a permis de savoir comment fonctionne une association de l’intérieur.
J’ai beaucoup appris, et je me sentais comme un poisson dans l’eau, et c’est là que je me suis dit, que je voulais vraiment travailler dans le milieu associatif d’une part, et en lien avec la Culture d’autre part…
Mais comme je savais que je ne pourrais pas retravailler dans le domaine en me contentant de cette expérience, je me suis dit qu’il serait temps de reprendre des études…

Et c’était loin d’être gagné puisque je n’ai pas suivie de licence Information/Communication, j’ai tout de même postulé à trois Masters : Info/Com Parcours Communication Publique et médias, Info/Com Parcours Audiovisuel et médias numériques, et Arts Lettres Civilisations Parcours Diffusion de la culture…

J’ai fait les dossiers avec ma mère, qui a beaucoup insisté pour que je postule à un autre master, celui qui est la suite logique de la licence que j’ai faite, mais j’ai tenu bon, et nous avons annulé ma candidature…
J’ai été refusée à deux des Master sur trois, mais finalement, j’ai été sélectionnée pour passer l’entretien oral pour le dernier, et j’ai donné tout ce que j’avais, et j’ai été prise…

Je suis donc officiellement étudiante en Master Information/communication Parcours Audiovisuel et médias numériques Option Communication multimédia… Travailler en tant qu’intermittente du spectacle ou en freelance ? Rester à Grenoble ou m’en aller ?

Je ne sais pas encore précisément vers quel métier me tourner : chargée de communication, chargée de diffusion, chargée de production, bookeuse, Community Manager,…

Je sais déjà que j’aime faire connaitre des artistes, qui selon moi mérité le coup d’oeil ou l’écoute,  et utiliser les réseaux sociaux pour faire parler d’artistes qui me tiennent à cœur…

J’angoisse aussi pas mal de me retrouver avec des gens qui auront trois ans de moins que moi, de devoir me rasseoir sur une chaise pendant des heures, avoir à rendre des devoirs, réviser…
Il y a une semaine, je suis passée à HEMA avec mon frère, et les affaires scolaires étaient déjà sortis. Je me suis mise à paniquer en mode  » mais je sais pas ce que je dois prendre : me racheter un trieur, avoir plusieurs cahiers, racheter des stylos, ramener mon ordi,…???

J’ai hâte de pouvoir apprendre des choses qui vont vraiment m’intéresser, et qui vont m’aider à acquérir des connaissances techniques, qui me seront utiles dans ma vie professionnelle future, et dans la tenue de mon blog.

Depuis que je n’habite plus avec ma mère, j’essaie de me défaire de son emprise du mieux que je peux, mais c’est encore compliqué pour moi de m’opposer à elle, de peur de la blesser…
Mais je pense que j’ai assez perdu de temps, et qu’il n’est jamais trop tard pour trouver, et suivre sa voie… De plus, je trouve ça horriblement cruel de vouloir vivre ses reves à travers ses enfants, et de ne pas les laisser choisir leur orientation seul.e, ou du moins n’être là qu’en tant que conseiller.e, pas en tant que juge final.e

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