Songs for sad girls – Lauren Tate

J’ai eu l’honneur d’interviewer Hands Off Gretel, son groupe de grunge, et c’est tout naturellement que quand j’ai appris qu’elle sortait un album solo, que j’ai voulu en faire une chronique.

Alors j’y suis allée au pif, j’ai d’abord envoyée des messages Facebook, qui sont restés sans réponses, puis j’ai utilisé mon mail perso (il faut vraiment que j’apprenne à utiliser davantage mon mail pro), et j’ai reçue le lien privé afin de pouvoir l’écouter, et même s’il est déjà sorti dans les bacs il y a quelques semaines, je prends un peu de temps pour vous livrer mon avis.

Encore une fois, je ne précise pas que je suis critique musicale professionnelle, et que cet avis est strictement personnel et n’engage que moi.

What About The Kids est la première chanson du disque, et on retrouve la voix magnifique de Lauren, qui chante à propos de la violence due aux armes à feux, d’un point de vue d’un.e enfant qui s’adresse à son père. 
Sa chanson souligne bien les problèmes autour du contrôle des armes à feux aux Etats Unis, et l’importance du futur des enfants dans un monde où personne ne les écoute.

Le disque se poursuit avec Miss American Perfect Body, une chanson plus calme, qu’on peut aisément qualifier de ballade.
Cette chanson parle des diktats de beauté auxquels toute femme, peut importe son age, son origine sociale, sa couleur de peau, doit se conformer…


Elle raconte l’histoire d’une fille qui se trouve laide, qui n’arrive pas à trouver sa place dans ce monde et qui se mutile car elle n’aime pas vivre.
En fait d’une fille, il s’agit d’elle même, qui a vécue une adolescence compliquée car elle avait du mal à s’accepter. Elle dit à cette jeune fille, qu’elle la trouve jolie, et qu’après tout on s’en fout de leur avis, et qu’elle finira par s’accepter, et aider les autres petites filles perdues.

He Wanted More revient à un son plus rock, plus énergique.
Elle nous raconte l’histoire d’un couple, dont l’homme aimerait faire changer la femme : il aimerait qu’elle s’habille plus normalement, qu’elle se comporte mieux, qu’elle prenne plus soin d’elle. Mais elle le quitte car elle souhaite rester elle même, libre, et ne pas se laisser entraver par quiconque ( ce que je comprends tout à fait). Cette chanson résonne tout à fait en moi car, j’ai, moi aussi, voulu faire des compromissions pour plaire aux personnes avec qui j’étais, en reniant qui j’étais, et aujourd’hui, c’est hors de question, je veux qu’on m’accepte, aussi bizarre et compliquée, que je suis.

Can’t Keep My Hands Off You est une balade qui parle des relations toxiques : elle sait que la personne est un.e connard.sse mais cette personne lui manque, même si elle l’a fait souffrir…
J’avoue que je ne sais pas trop quoi dire, car j’ai beaucoup de mal avec les personnes qui romantisent les relations toxiques, meme si moi meme, j’ai eu beaucoup de mal à m’en détacher et à me libérer. La chanson est tout de même très jolie, et j’aime la palette d’émotions que transpose la voie de Lauren.

He Loves Me, cette fois parle d’une femme dont le mari la bat, et n’arrête pas de répéter He loves me, comme pour excuser sa conduite, et qu’on arrive pas à voir ce qu’elle, elle voit en lui.
Ca reproduit assez bien le genre de discours des femmes battues, qui malgré la violence des gestes et des mots, se voile souvent la face, en se disant que c’est pas si grave, que c’est leur faute ou qu’après tout, il les aimes quand meme…

Naturally Born Bad est une chanson inspirée d’un de ses films préférées « Natural Born Killers ». C’est la toute premiere chanson d’amour qu’elle écrit, et elle l’a écrit, mixé et produit en deux jours, en jouant avec le style fifties et les platitudes lyriques.
A l’entendre, on aimerait qu’elle soit dans la bande originale d’un film

Bad Egg Blues est pensé comme la suite de Naturally Born Bad, c’est la partie dans la film ou les deux amoureux.ses font faire une tuerie et saccager un bar.
J’adore l’esprit blues qui se dégage dans cette chanson. Chose intéressante à noter : cette chanson a été crée en une prise en une seule session de jam.

Rock N Roll Radio parle d’une gamine de 15 ans qui tombe amoureuse d’un trentenaire, et est inspiré de la jeune fille du roman de Vladimir Nabokov’s Lolita.
Comme j’ai pu le dire sur une chanson précédente, j’ai du mal avec les chansons qui fantasment les relations pédophiles, leur donnant un aspect dangereux et romantique. Mais la chanson est très agréable à écouter.

Monsters parle des traumas et des cœurs brisés, en partant du fait que les gens ressemblaient à des monstres quand nous étions enfants.Cette chanson me parle totalement, car passé un certain age, je me méfiais et avais peur de l’humanité entière, voyant les hommes surtout, comme des prédateurs potentiels.
La reverb sur la voix n’est pas désagréable, et donne une impression encore plus approfondie de solitude, et de vide, surtout lorsqu’elle prononce la phrase  » I’m the only person here that feels this way « 

How Fucking Dare You est une chanson qui parle du fait de se rendre compte que l’homme qu’on a aimé pendant tant d’années vous a trompé avec une autre, depuis le début. L’emphase sur le F de « fucking » permet de changer la tristesse en colère. La chanson est cool, mais comme je ne comprends pas la notion de jalousie, ni d’exclusivité ou de propriété privée, je la trouve inutile en soi.

Oh Na Na Na (I Want The World) est une vielle démo, sur laquelle elle a écrit des paroles qui font référence à sa peur de mourir, ma douleur à être aimer, et sa peur envahissante de perdre les personnes qu’elle aime, elle parle aussi de paix et de vivre sa vie dans un monde obsédé avec les choses matérielles et la cupidité.
La chanson m’a pris aux tripes, avec sa musique peu présente, et sa voix à la Janis Joplin, presque cassée.

La dernière chanson du disque, c’est Teddy, qui parle de son souhait de redevenir un enfant et se cacher dans sa chambre pour toujours.
Cette chanson aussi me parle beaucoup, car meme si je n’ai pas eu une enfance très heureuse, parfois ca me manque de jouer dans ma chambre, et d’être tranquille…
Etant partiellement sociable, ca me pèse parfois (souvent?) de devoir sortir, de devoir sociabiliser, alors que mes couvertures, mes livres, mes projets sont les choses vers lesquelles je me tourne lorsque je veux être heureuse.

Pour conclure, je pense que c’est un très bon album, malgré la romantisation des relations toxiques, et des relations pédophiles .
J’adore sa voix, que je trouve à la fois chaude et suave, énergique et rock, et douce dans les balades : elle arrive à faire passer toute une ribambelle d’émotions seulement par ses intonations de voix et je trouve ça assez magistral.
Le disque est annoncé comme de la sad pop, alors oui ça reste un disque qui n’est pas festif, enjoué ou joyeux, mais je pense qu’on retrouve dans quelques titres l’énergie qu’elle a avec Hands Off Gretel.
Je pense que cet album mérité d’être diffusé, et découvert par beaucoup, et que les chansons peuvent parler à un grand nombre de personnes. Toutefois, je m’attendais à un disque un peu plus engagé, un peu plus féministe, un peu plus queer…
J’en ai un peu marre d’écouter des albums qui parlent de couples monogames hétéros, au sein desquels la meuf souffre, et se plaint…
J’ai envie d’autres representations.
Néanmoins, je trouve les photos promos vraiment magnifiques: j’adore l’univers 50’s,  dans sa baignoire, et petite fille pas sage, avec des peluches.

Si vous souhaitez vous procurer l’album, c’est par ici.

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