Eyia Flowers

Je la connaissais comme violoniste d’un groupe local, et j’ai découvert à peu prêt au moment où elle a commencée qu’elle faisait également du drag…
Alors c’est avec elle que j’ouvre la catégorie interviews de dragpersons, et c’est un très grand honneur.
Je n’ai jamais pu la voir en performance, mais j’espère que je pourrais me rattraper après le confinement !

Peux tu te présenter ? ( nom, pronoms, age, hobbies,…)

Je m’appelle Astrid dans la vraie vie, Eyia Flowers sur scène.
J’ai 27 ans et en dehors du drag, je suis passionnée de musique (je fais du violon depuis l’âge de 6 ans, et je sors un album solo au mois de mai !).

Depuis quand fais tu du drag ?

Depuis l’hiver 2019, alors un peu plus d’un an, mais ma première performance live a été en juillet 2019.

Comment t’es venu l’envie de commencer ?

J’ai toujours été fascinée par l’univers du drag ! J’avais adoré Priscilla folle du désert, puis pendant un long arrêt maladie, j’ai dévoré tous les épisodes de RuPaul’s Dragrace, une émission de concours de dragqueens. Mais je n’ai osé me lancer sur scène que après avoir vu la première édition du concours local Grenoble in Burning, où j’ai vu que d’autres femmes participaient, et ça m’a donné le courage de m’inscrire au deuxième volet… Où je suis arrivée finaliste !

Quels sont tes inspirations ?

C’est compliqué à dire.
J’ai accumulé tellement de références et j’ai de l’admiration pour des performeur.se.s si différent.e.s que je pense que ça a fait un énorme gloubiboulga dans ma tête qui donné naissance à Eyia Flowers.

Essaies tu de transmettre des messages au travers de tes performances ?

Oui ! Quasiment à chaque fois, mes performances sont engagées et portent des messages fort : j’ai fait une performance sur le viol, une autre sur la maladie mentale… Mais j’aime aussi me tourner vers des performances comiques, pour détendre l’atmosphère !

Comment se sont passés tes débuts de facon pratico pratique ? ( as tu tout de suite cherché un collectif, à faire des performances…)

Non pas du tout ! J’ai commencé par passer plusieurs mois à tester des techniques de maquillage (c’est extrêmement difficile mais surtout long de se maquiller, entre deux et cinq heures), et à partager ça sur un compte Instagram.
Pour ma première performance, qui était sur du Edith Piaf, j’ai travaillé avec acharnement pour me fabriquer un costume impressionnant de faune et travailler mon articulation et ma chorégraphie, le tout seule chez moi…
Je ne connaissais personne, je n’étais pas très renseignées sur la communauté drag locale, j’étais un peu perdue !
J’avais surtout peur de comment serait prise la participation à ce concours d’une femme cis…
Finalement, évidemment, personne n’y a vu le moindre inconvénient et j’ai été accueillie les bras grands ouverts !

Comment s’est passé ta rencontre avec ton collectif ?

Suite à cette deuxième édition, une discussion Messenger a été crée avec les participants des deux concours.
De fil en aiguille est venue l’idée de se monter en collectif pour continuer, entre autres, l’organisation des Grenoble is Burning, mais surtout de créer u lien entre les individus de la scène locale, pour beaucoup débutants, et de s’entre-aider.
J’ai mis du temps à commencer à m’intégrer dans le projet, mais enfin, le collectif La Cuvette est né, et plein de belles choses s’en sont suivies.

Pourquoi avoir choisi Eyia Flowers comme nom de drag ?

Eyia est un nom qui me suit depuis longtemps déjà, c’est un pseudo que je m’étais choisie pour mes activités artistiques et musicales, mais aussi pour mes jeux de rôle. Eyia c’est une référence au volcan islandais Eyjafjallajökull, volcan dans tes terres glacées. La dichotomie dans cette référence me parlait énormément, étant moi-même diagnostiquée bipolaire de type 2.
Flowers est venu se rajouter au fil des années pour souligner mon lien fort à la nature : vegan et militante anstispéciste, je tiens à revendiquer un monde plus respectueux de la nature sans cruauté animale.

As tu une Mother ? Si oui, peux tu nous en dire plus sur elle ?

Non ! Je me suis enfantée toute seule. Mais c’est Trauma, lors de la GIB1, qui m’a encouragée à m’inscrire à la session suivante.

Qu’est ce que ca t’apporte de faire du drag ?

Un moyen d’expression qui compile beaucoup de mes passions : arts graphiques, théâtre, musique, militantisme et humour…
C’est extrêmement challengeant, en une performance on a très peu de temps pour faire vivre au public un moment unique. C’est une pression artistique que j’adore !

Quelles sont tes limites ?

Celles qui me paraissent du bon sens : pas d’appropriation culturelle ni de luttes qui ne sont pas les miennes, pas d’attaques personnelles, pas de contact physique quel qu’il soit non consenti avec le public…

Dans quelle mesure le fait que tu pratiques d’autres activités artistiques t’aide (ou pas) dans ta pratique du drag ?

Ca m’aide énormément d’avoir des compétences très variées pour cette pratique pluridisciplinaire ! La patience des arts graphiques, la justesse rythmique et musicale du violon, le jeu scénique… sans compter la couture, la coiffure, la danse !
Tous les arts sont toujours complémentaires, mais dans le drag, ils sont tous mis à contribution ! Wagner parlait de l’opéra comme étant un art total : il aurait adoré le drag… !

Quel rapport entretiens tu avec les réseaux sociaux ?

Je suis active de manière complètement irrégulière sur Instagram, ça reste le réseau social que j’utilise le plus et avec lequel je communique avec le reste de la communauté drag hors-La Cuvette. Une page Facebook c’est plus compliqué à gérer : il faut déjà avoir un public pour que les gens viennent la voir, et étant une toute jeune queen, je n’ai pas encore tant de fans que ça.
Sinon rien d’autre, je suis une mamie des possibilités technologiques, d’ailleurs les membres de La Cuvette m’appellent la doyenne !

Quelles sont tes inspirations ?

J’adore les comédies musicales, les vieilles chansons françaises, j’adore aussi ajouter des touches lyriques à droite à gauche, des références à la mythologie (j’ai souvent des cornes pendant mes performances, qui rappellent notre animalité), mais aussi de plus en plus de pop culture, comme Lady Gaga.

Te considères tu comme féministe ?

Oui ! Militante féministe même.
Je fais partie d’une association, qui d’ailleurs s’appelle également Faune, qui organise des événements et propose des projets tournés autour, notamment et de manière prépondérante, des luttes féministes et antispécistes.
Pour ce qui est du drag, je ne sais pas si je pourrais affirmer que c’est un milieu forcément féministe, en tout cas localement en tant que femme, j’ai été accueillie comme n’importe qui d’autre, et les membres du collectif travaillent encore à m’aider à lutter contre mon sentiment de ne pas avoir ma place pour une question de genre.

Pourquoi était ce important de joindre l’antispécisme à ta vision du drag ? (et par là peux tu nous en dire plus sur ta vision du drag) ?

Si la dimension est présente de fait dans mon nom et dans ma représentation (cornes, présence de fleurs, de feuilles, de plantes dans mes costumes), je n’ai pour l’instant pas à proprement parler fait de performance ayant pour thématique l’antispécisme…
Mais c’était prévu ! La nocturne des étudiants du Musée de Grenoble, avant d’être annulée, avait pour thématique Sauvage. Je comptais bien y intégrer un lien à mon militantisme !

Quels sont tes projets pour la suite ?

Pendant le confinement, La Cuvette reste active sur les réseaux, en proposant aussi des séances maquillage groupées et en participant à des concours en ligne. On en profite pour tester des nouveaux looks et s’entraîner à faire des performances. Quand le confinement sera terminé, il y aura beaucoup d’événements où nous devions performer et qui avaient été repoussés qui devraient avoir lieu, alors il va falloir que je travaille des shows !

Vous pouvez la retrouvez sur Facebook, et Instagram

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