Bad Tripes

Depuis quelques temps, j’ai leur chanteuse en contact sur Facebook, une femme hyper drôle et badass, et j’ai découvert leur musique en meme temps que je l’ai demandée en contact…
J’aime vraiment leur son, leur paroles, et leurs clips hyper travaillés.

Pourquoi avoir choisi de vous appeler Bad Tripes ? 

C’est plus un gag qu’un choix mûrement réfléchi. On cherchait des noms sérieux, puis comme on tournait en rond, qu’on avait du mal à arrêter un choix, j’ai sorti Bad Tripes pour la blague, et au final, tout le monde a été d’accord. Un jeu de mots pourri, le côté sale des tripes, ça nous allait très bien.

Pouvez vous vous présenter ?

On a un mal fou à définir ce qu’on fait, mais en gros : du rock teinté de metal, de punk enragé et de chanson française réaliste du début du 20ème siècle, avec un côté joyeusement cul et théâtral sur scène. Du shock rock poétique qui sent le sang et la cyprine, en somme !

De quoi vous inspirez vous pour vos chansons, votre son, vos looks, vos prestations scéniques,…?

Seth, le guitariste, compose 99% des morceaux depuis notre deuxième album.
Comme on peut l’entendre, c’est un gros fan de Rammstein, dont il apprécie l’efficacité, la simplicité et la puissance sonore.
A côté de ça, il balance des tas d’éléments hors rock/metal : musette, Brassens, polka, musique de cirque, BO de films…
De mon côté, niveau textes, c’est un mélange de tas de choses : la zik que j’écoutais à l’adolescence (Les Tétines Noires, Les Garçons Bouchers, les Bérus, Lofofora) et la littérature.
J’aime beaucoup la poésie de Vladimir Nabokov, la cruauté « sexy » de Joyce Carol Oates, James Ellroy.
Pour la scène, c’est assez varié aussi.
De mon côté, j’aime autant la fureur bariolée de Punish Yourself et de Banane Métalik que les performances de Jean-Louis Costes.
D’ailleurs, le tout premier concert de Bad Tripes, c’était en ouverture de son spectacle « Les petits oiseaux chient », avec son décor de poupées désarticulées sur la scène, et surtout l’énorme chiotte plein de fausse merde trônant derrière la batterie (rires) !
Avec un budget infime, ce gars arrive à créer un univers dément qui prend aux tripes. C’est de là que viens mon côté exhibitionniste : la nudité n’est pas forcément sexy ni sexuelle. Elle peut être tragique et sauvage.
Pour le look, c’est encore un énorme merdier, y a que notre batteur qui a trouvé son look mi-crado mi-fétish. Moi, je la joue poupée psycho,

Comment et pourquoi avoir crée ce groupe ? 

J’étais une enfant et une ado très coincée, mise à l’écart à l’école, pas à la mode.
Quand on a pas ou peu d’amis, on a le temps de penser, de lire, de cogiter… J’ai eu besoin de vider toute la merde que j’avais accumulé dans la tête.


Aviez vous d’autres formations musicales auparavant ?

Pour ma part, non. Bad Tripes est mon premier bébé. Seth a chanté et joué de la gratte dans pas mal de projets très différents, typé death mélodique (son dada de l’époque : In Flames). Siger, notre batteur, a joué dans une formation heavy intitulée Debackliner, qui a fait pas mal de dates en France et ouvert pour Blaze Bayley, entre autres. Sir Mac Bass, lui, a plusieurs projets en parallèle : Spirit Bomb, Donkerbunker, Donoma.
Il joue aussi dans des groupes de bal où il se doit se taper 4 heures de Patrick Sébastien et autres merveilles, mais je crois qu’il ne veut pas qu’on en parle.

Vous avez pris des cours pour savoir chanter et jouer de la musique ou vous avez appris seuls ?

Pour ma part, non. La preuve, je ne sais toujours pas chanter (sourire). Siger, lui, a étudié la batterie pendant de nombreuses années. Sir Mac Bass a également une formation solide et donne également des cours. Seth, quant à lui, c’est comme pour tout : il a appris dans son coin, et il a excellé. Le jour où il se lance en cuisine, il poutre Gordon Ramsay, facile. (sourire)

Quel matériel utilisez vous ? ( micros, instruments, machines)

J’utilise un SM 58 sans fil classique.
Je n’en suis pas plus fan que ça, je trouve qu’il a un son trop métallique, mais pour mon budget, ça me convient. Pour le reste, à part qu’on utilise de l’électricité, je n’y connais foutre rien.

Quel est le rôle de votre agent artistique ?

On n’en a pas, on est un groupe de clochards et personne ne nous aime. La vie n’est qu’une vallée de larmes.

Tentez vous de faire passer des messages à travers votre musique ? 

Je ne cherche pas à donner de leçon à qui que ce soit, ni à faire la morale (même si je trouve que j’ai pu être un peu maladroite à ce sujet dans certains textes du deuxième album). On veut juste que les gens prennent du plaisir, se marrent, ou soient – sait-on jamais – touchés par nos affreuses petites histoires.

Votre meilleur souvenir de concert ? 

Des tas, mais on s’est particulièrement régalés au Dark Breath Fest à Bourg-en-Bresse. Super fest bien géré, une équipe très pro, un public génial, beaucoup de joie et de bienveillance… et on s’est mis une de ses races après !

Avec qui aimeriez vous jouer ? ( groupe existant ou séparé, vivant ou mort)

Dans les vivants :Punish Yourself, Banane Métalik, Lofofora, Shaârghot, Le Bal des Enragés, Washington Dead Cats, Catherine Ringer, Madame Robert, Carpenter Brut, Little Big.

Dans les « on peut rêver » : Rammstein, Alice Cooper, Nina Hagen, Serge Gainsbourg. Mr. Bungle.

Comment votre musique a-t-elle évolué entre Phase Terminale, Splendeurs et Viscères et Les Contes de la Tripe ?

On s’est structurés, on a mûri (un peu).
Avant, nous composions un peu tous ensemble, c’était convivial mais peu pratique.
Dès « Splendeurs et Viscères », Seth a pris les rênes niveau compos, ce qui nous convient fort bien.
De mon côté, j’apprends à laisser davantage « respirer » la musique : avant, j’écrivais des pavés interminables, impossibles à chanter. J’écrivais presque sans me préoccuper de la musique. Aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention, je suis bien plus concise. Côté zik, Seth fait en sorte de se réinventer à chaque fois, en introduisant de nouvelles influences, en expérimentant de nouveaux « métissages » musicaux : tango, hip hop…

Comment décririez vous votre musique ?

Du rock déluré et poétique avec des touches de metal et de crasse punk. Du Richard Gotainer avec des grosses guitares et des petites fables épouvantables.

Le groupe est il votre seul revenu ou avez vous des emplois à côté ? 

Si c’était notre revenu, nous serions morts de faim depuis belle lurette. Nous bossons tous à côté. J’écris pour une agence de presse, Seth est tatoueur, Siger est menuisier. C’est aussi le meilleur danseur de Skibidi au monde. Ca ne rapporte aucun revenu, mais c’est chouette. Sir Mac Bass, lui, est intermittent du spectacle. Il est diplômé en montage et travaille ponctuellement dans le cinéma, mais ce n’est pas évident…

Est ce un avantage ou un inconvénient d’avoir une chanteuse ? ( sexisme, image, problemes à se faire diffuser,…)

Le sexime existe dans le metal comme dans n’importe quel milieu, mais jusqu’à présent, je n’en ai pas trop souffert.
A part les commentaires de gros beaufs sur VS Webzine à l’époque de notre premier album et un chroniqueur d’un zine metal qui pouvait d’évidence pas me blairer, franchement, je n’ai pas à me plaindre. Médiatiquement, si je puis dire, c’est un « atout » dans la mesure où ça attire la curiosité.
Même si les femmes sont de plus en plus nombreuses, il y a toujours un certain étonnement à en voir, je trouve.
Je ne suis pas naïve quant à l’image que je peux renvoyer – je cause cul et cru, j’ai zéro pudeur -, et il m’est évidemment arrivée de me prendre des réflexions à la con… et même pas de la part de mecs !
A vrai dire, c’est plus moi qui me prends la tête toute seule, parfois, en craignant que mon personnage nuise au groupe, qu’on cause plus de mon gros cul que de notre musique…
Mais dans l’absolu, je n’ai pas à me plaindre et il y a plus d’avantages que d’inconvénients.

Que pensez vous de la scène alternative francophone ?

Il y a des tas d’excellents groupes en France, des formations qui font des choses formidables et enthousiasmantes, des orgas qui se bougent comme jamais.

Seulement, beaucoup de ces structures sont sur Paris. Le Sud-Est, hélas, est un peu en retrait de tout ça. Même dans une grande ville comme Marseille, il n’y a pas tant de salles pour se produire (à l’exception du Molotov, du Makeda ou de l’Embobineuse, la Machine à coudre ayant fermé). Espérons que ça bouge un peu plus dans la région…

Quels sont vos projets pour la suite ?

Ben au moment où je te réponds (avec un retard épouvantable dont je m’excuse très platement), nous sommes en plein confinement…
Et Seth se fait tellement chier chez lui qu’il a déjà quasiment terminé la composition du quatrième album ! Du coup, moi, j’écris des chansons.
Donc pas impossible qu’on entre en studio prochainement. Du moins, si on survit au pangolino-virus !

Vous pouvez les retrouver sur Facebook et Youtube

Crédits photos : Romain Barrielle Photographies

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