Freak Injection

Après avoir eu l’honneur d’interviewer The Arsenics, autre groupe de la chanteuse.
Je suis très heureuse de publier l’interview de Freak Injection, qui permet de faire plus ample connaissance avec ce groupe prometteur et faire la promotion de leur nouvel album Daddy is the devil à paraître le 24 avril prochain.

Pourquoi vous appelez Freak Injection ?

L’univers du groupe se concentre principalement sur les « freaks », c’est-à-dire les gens à part, considérés parfois comme monstrueux par la société.
Tout le cheminement du groupe vise à éveiller en chacun le freak qui sommeille et à le glorifier artistiquement.
L’Injection de cette différence est finalement ce qui crée à nos yeux quelque chose d’unique et rare. Dans une société où l’on souhaite encourager un comportement lisse et adapté, nous prônons la beauté de la différence.

Aviez vous déjà d’autres formations musicales auparavant ? 

En effet, chacun des membres du groupe ont des formations musicales par le passé et actuelles, la chanteuse Charlie a un groupe 100% féminin : The Arsenics ( dont j’ai fait l’interview ici), le guitariste jouait dans un groupe de coldwave: No Tears,  le bassiste joue dans un groupe rock « Kirin Dosha » et enfin le batteur joue dans un groupe de death metal Burden et des groupes de reprises.

Comment s’est créé le groupe ?

Tout commença par un compositeur multi-instrumentiste adepte de masque de chien. Une femme-renarde hurlante addicte aux crinières de feu et aux vestes à piques. Un chat élevé par des requins sensible aux basses fréquences, et un gentil mogwaï qui se transforme en gremlin qui cogne ses fûts.

De leur rencontre improbable une nuit de pleine lune est né Freak Injection.

Comment décririez-vous votre musique ? 

Notre musique est avant tout un outil pour raconter des histoires, c’est pourquoi nous utilisons le genre « electro rock » , mais nos mélodies peuvent vite s’apparenter parfois à des extraits de musiques de films, de jeux vidéos car il y’a une vraie volonté de créer un univers à part.
Les morceaux peuvent être courts et efficaces mais ils servent une ambiance selon les paroles, et les influences de sons peuvent déteindre sur de l’indus, pop, metal.
Nos influences de genre sont Marilyn Manson, Nina Hagen, Garbage, Filter, Prodigy, Lady Gaga, NIN…

Avec quel groupe aimeriez-vous jouer ? Pourquoi ?

Prodigy ça aurait été un sacré truc de dingue mais depuis le décès de notre aimé Keith Flint le monde s’est bien assombri, mais il y’a des groupes comme Nine Inch Nails, Manson (pour le côté iconique et freak), Motionless in white , Filter, Garbage (la chanteuse est géniale et passe de vrais messages)… nos inspirations en quelque sorte !

Pourquoi préférez chanter en anglais ?

Par souci de cohérence musicale, le rock français est très marqué par l’humour, ou des textes très poétiques sombres, en terme de messages, l’anglais semble à notre sens plus expressif pour hurler un slogan freak.
Néanmoins, dans le prochain album nous avons quelques passages en français, mais notre langue est utilisée à cet instant pour des textes très sulfureux et en «poésie trash». Nous utilisons la force de la langue pour son aspect séduisant et langoureux.
Tout fonctionne au feeling et nous prenons la force de chaque langue.

Quel matériel utilisez vous ? (instruments, micros, machines,…)

Fernand : je suis un vrai geek de guitares, des Gibson, Fender, PRS, j’ai un petit arsenal amplifié dans un mini rectifier.

Notre ingé son se tire les cheveux car je change souvent de matos!

Pour la création en studio, Presonus studio one avec les merveilleux vst de native instruments par exemple.
Kevin le bassiste joue sur Musicman, tandis que le batteur Hector joue sur batterie acoustique et incorpore quelques éléments  électroniques. En live, nous jouons avec des bandes sons qui accompagnent notre musique, le tout piloté par le batteur. 

Est ce plutôt un avantage ou un inconvénient d’avoir une femme comme chanteuse ?

Nous ne voyons pas ça comme « avantageux » ou « désavantageux », mais il est clair que cela rajoute une forte touche Glamour à une musique plutôt brute de décoffrage.
Et la tessiture de Charlie permet une grande diversité dans nos morceaux, entre parties agressives, pleines de hargne, et moments calmes ou passionnés.
Et c’est cette dualité qui caractérise la musique de Freak Injection. 

Essayez vous de transmettre des messages à travers vos chansons ? 

Absolument, tout ce qui est relatif à la différence et jugé bizarre, on le prône et recouvre de paillettes et de clous !
Les paroles évoquent la liberté sexuelle, intellectuelle et parfois bafouent un peu les dogmes (oops !). 
Le premier EP se nomme « Freak is fashion ». Pourquoi ? Car ceux qui étaient les freaks dans ta cour de récré hier seront demain tes idoles car ils ont su faire de leur différence dont tu te moquais, une vraie force.
Souvent les vilains petits canards qui grandissent à contre-courant deviennent des adultes très intéressants. C’est un slogan qui évoque que ceux qui étaient hier has been sont aujourd’hui « fashion ».

C’est tout un cheminement pour montrer que la différence n’est pas une faiblesse mais bien au contraire un trésor qui va permettre de bousculer la société et la transformer . Ce sont les gens différents , « freaks » qui transforment une société et non pas ceux qui respectent les codes déjà préétablis.

Quel est votre meilleur souvenir de concert ? 

Nous avions adoré jouer en premier partie de Vive la Fête, on s’est éclaté et surtout nous avons adoré passer du temps avec les artistes après le concert.
Je vous laisse pas imaginer ce qui s’est passé dans les loges. Ils ont vraiment été super cool et ils ont publié sur leur page nos photos délirantes, on aurait dit qu’on avait fait tous ensemble un after bien barré.
La chanteuse a même accepté de porter le masque de «racoon» , l’animal totem du groupe.

Quels sont vos inspirations, en terme de son, de paroles, d’univers, de présence scénique,… ?

En terme de son : Prodigy pour leur folie, Filter pour la mélodie, Garbage pour la voix et paroles, Lady Gaga et Marilyn Manson pour l’univers, pour la présence scénique ceux qui sont une sacrée inspiration il y’a ces artistes pop comme Madonna, ou bien Rammstein qui eux dépassent tout entendement en terme de mise en scène.

Vous considérez vous comme féministe ? Pourquoi (pas) ?

On se considère comme « Freak » ce qui englobe différentes notions de tolérance et d’engagements.
Par subtilité nous évoquons la liberté sexuelle d’une femme via la chanteuse, de la force féminine qui est sublime.
Nous le mettons en avant comme une véritable force et non pas comme un objet dont on se sert.
Naturellement nous proposons une image qui devrait un jour devenir normale aux yeux de tous.
Une femme peut être sex, libre et sublimée tout en étant respectée sans conditions.
Les artistes ont un vrai rôle à jouer là-dessus, pour que les combats de société finissent par devenir une norme qui ne se discute plus.

Comment se passe la composition et l’écriture d’un morceau ? 

Le guitariste Fernand travaille généralement à partir d’une thématique de paroles ou ambiance.
Par exemple, il est défini en premier lieu si le morceau va conter les aventures folles d’un racoon qui part à la conquête du monde et corriger les anti-freaks.
Pour cela, Fernand va utiliser des synthés complètement fous retranscrivant des racoons foutant le bordel (pour le prochain album !).
Après la collaboration avec le bassiste Kévin, on passe à l’enregistrement de l’instrumental et la chanteuse peut composer sa mélodie de chant et écrire les paroles. Les soirées arrosées permettent parfois de trouver l’ingrédient secret à un morceau. 

Vous avez récemment sortis une reprise de Toxic de Britney Spears, aimeriez vous en faire d’autres ? Et si oui lesquels ?

Il y’a une infinité de reprises possibles, Britney nous a tous mis d’accord immédiatement. Il faut trouver une autre icone à transformer qui nous mettrait tous d’accord. Ce n’est jamais trop évident, mais il est certain que l’on adore sélectionner quelque chose de jugé « what the fuck » par la communauté métal et rock, afin de leur faire assumer leur passion secrète pour les Queens of pop.
On aime prendre des risques qui d’autant plus nous amusent. Certains nous auraient conseillé de prendre un artiste plus conventionnel dans notre genre, mais on adore les icônes Pop et excentriques.
Il faut que l’on trouve l’artiste qui éveillera la « bitch » qui sommeille en nous !

Comment s’est passé la création et la sortie de votre premier EP en 2017 ? 

La création de l’EP avait mis un certain temps à se créer car au tout départ nous apprenions à nous connaître et notre style a commencé à se créer à partir de là.
On a fini par apprendre à traduire les requêtes des uns et des autres. Notre cheminement de création a débuté par la création d’une vraie complicité. Pour développer cette complicité nous avons passé des soirées ensemble qui parfois s’apparentaient à des séances sur le divan aha. C’est important de comprendre les démons intérieurs des uns et des autres. Au début, certains gardaient une vraie carapace, puis lorsque l’on creusait il y’avait des choses sublimes et sombres. Ce sont ces éléments qui nous ont permis de commencer à créer tout notre univers. Ce groupe est une putain de thérapie !
Lorsqu’on a sorti l’EP on a eu des retours très étonnants, le magazine « Rock N Folk » nous jugeant d’une «élégance sulfureuse », on a été coup de cœur de Tracks Arte, notre univers musical et visuel nous a permis de nous démarquer auprès des médias.

En quoi votre album qui sort en avril y sera similaire et/ou différent ?

Le prochain album nous a poussé encore plus loin dans nos retranchements. On a énormément changé depuis, on s’est ôté beaucoup de blocages psychologiques, des peurs de jugement, on a tout foutu à la poubelle et on a fait grandir notre « freak » intérieur.
Nous avons pris énormément de risques et challenges musicaux dont nous sommes très fiers. L’album va être extrêmement riche autant musicalement, que vocalement. Il y’aura de l’innovation sur tous les plans.
Nous sommes clairement en train de créer notre propre style, mais tout cela s’est résulté suite à un travail humain.
L’album sera sur une thématique d’une névrose incrustée depuis la nuit des temps chez les humains.
C’est le commencement d’un travail sur nous même en tant qu’humains pour arriver ensuite au « freak » sublime.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Nous venons de sortir un nouveau clip illustrant cette névrose de la nuit des temps, puis ayant collaborés avec de nombreux artistes pour ce clip.
Nous avons également fait tout récemment une release party privée avec un défilé de mode.
Les projets par la suite : se produire sur de belles dates pour promouvoir ce nouvel album et continuer de composer au gré de l’inspiration.
Visuellement nous n’avons pas fini également de vous en mettre plein la vue et la licorne prendra un rôle bien particulier alors restez curieux !

Vous pouvez retrouvez Freak Injection sur Facebook, YouTube, Twitter, Instagram.

Crédits :

Logo utilisé comme photo de couverture : Madows

Première photo : Romain Collet

Deuxième photo (live) : Elise Diederiche

Artwork de leur album Daddy is the Devil : Julie Openwalls

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