Iris

Il se trouve que dans mes contacts, j’ai pas mal de personnes géniales queers, TDS, artistes, et c’est un plaisir de les interviewer pour les mettre en lumière, et donner la parole aux concerné.e.s.

Peux tu te présenter ? ( nom, pronoms, et toute info utile)

Je m’appelle Iris Psoriasis, je suis une transfem non binaire à tendance Genre Non Conforme. Pronoms Elle / She/ It. Je m’appelle autrement pour mon activité de TDS.

Comment as tu commencé le TDS ?

J’ai commencé un peu par hasard, à l’époque, je faisais des webcam pour le plaisir sur des sites de libertinage, au bout de quelques temps, j’ai commencé à avoir des followers, dont un qui a commencé a me parler de wishlist. Plus tard, étant dans des difficultés financières, je me suis mise à la webcam à tokens…
Et pour être honnête, ça ne marchait pas du tout.
Ça m’a vite lassée. C’est quelques années plus tard, après avoir assisté un « goûter de putes » à Marseille, que j’ai pu me lancer dans les prestations physiques, car j’ai eu beaucoup d’informations et de soutien de la part de mes collègues expérimentéEs, que je remercie au passage.

Qu’est ce que tu aimerais voir changer pour pouvoir exercer ton métier de TDS dans de meilleures conditions ?

Je pense qu’on est toustes complètement bridéEs par les lois, certains sites et bien sûr par les flics.
Clairement, on nous empêche de travailler. J’aimerais pouvoir bosser sans pression ni craintes. J’ai une forte tendance nihiliste, alors, je ne pense pas qu’un changement radical soit possible en France. Je pense que le STRASS fait un énorme taf, et qu’il faudrait peut-être créer soit des assos, soit des collectifs par régions et faire front ensemble.

Peux tu me parler de ton cheminement concernant ton identité de genre ?

J’ai transitionné psychiquement, socialement et hormonalement parlant très tard dans ma vie.
J’ai emprunté super tôt les codes « féminins » sans savoir que j’étais trans, à 5 ou 6 ans, je ne me posais pas de questions là dessus.
C’est beaucoup plus tard, en rencontrant des personnes concernées, en parlant avec elleux que j’ai su et là, ça ne faisait aucun doute. J’ai compris et j’ai pris mon identité de genre en pleine gueule.

J’ai l’impression que les personnes qui se définissent comme travailleur.ses du sexe utilisent ce terme comme quelque chose de militant ? Est ce ton cas ? Utilises tu d’autres noms pour désigner ton métier ?

Je pense que le terme « travailleur.ses du sexe » est très approprié dans le militantisme. Grâce à ce terme, on peux aller plus loin dans la lutte et passer la barrière qui nous sépare des institutions,se faire entendre et se rendre plus visibles.
Je l’utilise dans certains cas, comme quand je discute avec une personne qui elle-même l’utilise, par respect pour elle.
Etant dans la mouvance punk depuis très longtemps, je préfère employé le terme « pute » qui me vas beaucoup mieux je trouve.

Aimerais tu tester/te lancer dans d’autres formes de travail du sexe, comme la webcam ou le porno ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

La webcam, j’ai donné et je ne retournerai pas dans ce type de taf, c’est énormément de travail en amont pour pas grand-chose finalement, je parle pour moi… j’aime bien un minimum de respect dans ce que je fais et en cam, y’en a très peu (insultes, mégenrage…)
Le porno, c’est en cours ! J’ai lancé un projet immense qui me dépasse un peu d’ailleurs…
Pour l’instant c’est en stand by à cause de la crise sanitaire.
Affaire à suivre donc. Le porno est pour moi, le taf le plus chouette.
Tu fais des rencontres, y’a beaucoup d’idées et de créations.
Pour l’instant je ne cherche pas à faire de l’argent avec, juste faire participer des personnes queers et pourquoi pas passer en festival…

Quel rapport entretiens tu avec ton corps ?

Mon corps est un traître. Je le déteste. Je le bousille au fur et à mesure des années. Les deux seuls trucs que je peux apprécier chez lui ce sont mes yeux et mes tattoos.

Comment as tu appris à si bien dessiner ?

« Si bien dessiner » ? C’est trop d’honneur !
J’ai toujours dessiné. J’ai toujours été fascinée par le tatouage, c’est comme ça que j’ai commencé à m’y mettre à fond.
J’ai rencontré à 14 ans un tatoueur qui aimait bien ce que je faisais et il m’a dit de venir dessiner au shop tous les mercredis, ça a duré trois ans.
Je faisais tout ce qu’il ne voulait pas faire haha, mais je m’en foutais, j’étais dans mon univers.
Il m’a encouragé à faire les Beaux-Arts. J’ai fais une année de prépa, puis j’ai intégré les Beaux-Arts l’année suivante.

Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Je puise mon inspiration dans ce qui est occulte, satanique, gore, sombre et porno queer punk. Je fais aussi quelques flash pour le tattoo…

J’ai également vu que tu as eu de nombreux projets musicaux au cours du temps, peux tu m’en dire plus ? (Quand et comment as tu commencé la musique, l’évolution de tes projets,si tu as des projets en cours,…)

J’ai formé mon premier groupe de punk en 2005, ça s’appelait « Dirty Vortex », on a fait quelques concerts, on en a bien chié… Les débuts quoi !
Par la suite, j’ai joué dans « No Mercy », « Sodom et Gomor », « Ubu », « De La Cruz » et enfin « Ad Nauseam » (tout ça c’est du punk) . J’ai aussi joué dans « Aurora » (black métal)
Niveau techno queer trans, on a formé « Amour Hacker », c’était tout nouveau pour moi de créer de la musique sur un ordi.
J’ai adoré ce projet pour plusieurs raisons. D’abord car on était deux, en couple.
On vivait en camion, du coup pas d’électricité ni Internet… On balançait nos sons sur YouTube avec le wifi du McDo… Superbe expérience !
Je me suis lancée dans les projets solo car , trouver des personnes pour jouer, c’est compliqué et trouver des personnes qui ont à peu près toutes le même niveau c’est super chiant.
Donc je fais tout, toute seule.
Textes, compos, enregistrements. Guitares, basse, chant, programmation de boite à rythme. Art work des albums aussi.
J’ai donc créé « Déchéance Névrotik » une sorte de street punk nihiliste assez dépressif, puis « Aurore » un shoegaze expérimental un peu torturé et là je travaille sur «Ravintsara » un queercore des plus violent.
Ce projet a pour but au final de créer un line up live car les concerts me manquent, ça fait des années que je ne suis pas monté sur scène.

Qu’est ce que t’apportes tes différentes activités artistiques ?

Alors, ni la gloire, ni l’argent. Pour moi c’est de l’ergothérapie ! J’en retire beaucoup de satisfaction et de plaisir finalement.

Quels sont tes projets pour la suite ?

J’aimerais reprendre mon activité de pute, car le covid 19 m’a mise à sec…
J’aimerais monter une asso pour les personnes trans qui ont des enfants et j’aimerais botter le cul au Dr Fekete…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s