Delilah Bon – Debut Album

Apres plusieurs mois de pause pour raisons d’écriture de mémoire, je reprends ici les Avis avisés afin de vous parler du premier album de Delilah Bon.

Je suis depuis quelques années la carrière artistique de Lauren Tate, une chanteuse britannique, que j’ai découverte grâce à son groupe Hands Off Gretel.

Il y a quelques mois, elle a annoncée son nouveau projet solo, sous le nom de Delilah Bon, son alter ego qui fait du rap, alors qu’avec son groupe, sa musique tournait plutot autour du grunge et du punk rock.

Entre les deux, elle avait sortie un album solo, que j’ai eu le plaisir de chroniquer sur le blog (vous retrouverez la chronique ici)

J’ai donc découvert l’album petit à petit en regardant les différents clips, qui sortaient au fur et à mesure, clips qu’elle a tournée, et montée seule.

De plus, elle l’a enregistrée dans son studio personnel, afin de gérer de A a Z la création.

L’album se compose de 12 titres originaux, qui sont tous une ode au féminisme, à la femme badass, libre, qui se joue des codes, et veut prouver au monde qu’elle est capable d’être quelqu’une sans l’aide de personne.

Alors soyons clairs des le début, j’ai adorée cet album, peut etre plus encore que son précedent, Songs for sad girls, dont vous pouvez retrouver la chronique ici.

Delilah Bon aka Lauren Tate, a commencé son aventure dans le hip hop qui carbure au punk durant l’été 2020 :  » Je tournais avec mon groupe de punk à l’époque ( Hands Off Gretel), et soir après soir j’entendais des témoignages de filles qui se faisaient harceler sexuellement dans le public. Quand j’en ai parlé en ligne, on m’a opposé beaucoup de résistance et ça m’a rendue furieuse. J’avais tous ses mots qui s’écoulaient de moi trop vite pour que j’arrive à les écrire, j’ai programmé un beat et j’ai commencé à rapper pour la première fois : ça a été ma motivation durant une période compliquée. »

Puis elle retourne dans son home studio pour écrire et auto-produire sa musique, elle commence à écrire sur des problèmes sociaux, notamment sur la manière dont les femmes sont traitées dans nos sociétés contemporaines : « Il m’arrive souvent de marcher dans la rue, et de penser, un peu de manière parano qu’un mec me suit, je lâche jamais mon verre quand je sors en boite, et je m’inquiète de savoir si mes amies vont rentrer saines et sauves chez elle le soir. Je sais que tout a déjà été dit, les femmes se battent depuis bien avant ma naissance, mais les mêmes problèmes restent, et nous avons encore un long chemin à faire. »

L’album commence avec le titre Freak of the week, une chanson avec un excellent beat, où « freak of the week » désigne ici le ou les mec.s hyper creepy qu’on a tous.tes déja rencontré.e.s en soirée, à la limite du harceleur sexuel, dont on arrive jamais à se débarrasser.


Puis, il continue avec Soul sisters, qui s’intéresse plutot au manque de sororité et d’adelphité chez les femmes… Dans cette chanson, elle se moque gentiment des femmes qui se tirent dans les pattes pour se faire mousser, et dit qu’elle n’en aura jamais besoin, et que ce n’est pas un bon comportement. En effet, la société patriarcale nous eleve pour etre en compétition les unes contre les autres, alors que nous serions capables de renverser le monde si nous étions capables de sororité. J’aime bien cette chanson, pour son clip, mais aussi pour son beat entrainant et son refrain.



Ensuite, on passe à Bad Attitude, cette chanson, terriblement entrainante ( j’ai dans la tete le refrain pendant des jours après l’avoir écouté) parle du fait qu’elle gagne de l’argent grâce à sa « mauvaise attitude », et qu’elle n’a absolument pas besoin d’un mec pour s’en sortir, et gagner de l’argent.

Elle combat aussi l’idée qu’elle aurait un Sugar Daddy, car elle fait tout son argent elle même.

Elle s’adresse directement aux hommes, en indiquant qu’il est inutile de la sexualiser, sans quoi elle se défendra, et les frappera.

Elle parle aussi du consentement dans cette chanson, et du fait que beaucoup de mecs ne respectent pas vraiment le « non ».


Sur Where’s my girls at ? , elle parle dans ce morceau du fait qu’elle en a assez de choisir ses vetements en fonction des autres, et pour diminuer les probabilités de se faire harceler dans la rue, ou violer.

Elle parle aussi de la nécessité de se serrer les coudes et de s’entraider entre femmes, et qu’une tenue ne sera jamais une excuse pour être harcelée, violée ou tuée, et du fait qu’il y a bien des fois où elle aurait du prendre la parole et aider ses consœurs.

Elle parle aussi du fait que souvent les mecs sur Internet disent des choses horribles, et elle les menace d’aller les répéter à leurs parents, ils feront peut être moins les fiers


Sur School, la thématique abordée est un peu différente : elle évoque le harcelement scolaire qu’elle a subie, et le fait que beaucoup de ses ancien.ne.s détracteur.trice.s veulent faire ami ami avec elle, depuis qu’elle est un peu connue.

Cette chanson me parle évidemment, car j’ai également subie du harcelement scolaire durant mes années collège et lycée. Et je la trouve vraiment entrainante, et j’adore son flow.



Sur Red Dress, elle parle de manière assez approfondie du fait que personne n’a jamais cru en elle, à part sa mère, et qu’elle a été une enfant triste, et a du arretée l’école à cause du harcelement scolaire qu’elle a vécue. La red dress ici, c’est la tenue que tu mets pour te sentir forte et conquérante, celle qui va t’aider à supporter ta vie, qui est pas forcément facile.

Elle parle également du fait, que des gens qui l’ont maltraités à l’époque se permettent de venir lui demander des places pour ses concerts, et l’adulent maintenant qu’elle a un peu de célébrité, mais aussi du fait que s’exposer sur internet lui rappelle les insultes qu’elle a reçue ado.

Niveau musique, j’aime l’intro un peu jazzy, puis l’enchainement avec le rap plus brutal, qui fonctionne très bien ici.


Sur Chiquita, elle s’adresse à une femme (mais à toutes les femmes en général), et lui dit qu’elle devrait pouvoir vivre sa vie sans devoir attendre des nouvelles de son mec, qui ne la calcule pas, qu’ne femme ce n’est pas un trophée.
Mais cette chanson, c’est surtout un appel à la révolution, à faire sortir toutes les femmes, peu importe leur âge, leur couleur de peau, leur classe sociale de situations intenables et injustes, qui existent depuis bien trop longtemps, un appel à sortir de cette société patriarcale, à faire preuve de sororité, et un rappel que si toutes les femmes s’unissaient, il y a bien longtemps que la peur aurait changé de camp.


Sur Chop dicks, elle parle du fait que la taille d’un pénis importe peu, et que le plus important c’est de savoir s’en servir.

Encore une fois, elle parle du fait qu’il y a une grosse différence entre harcèlement de rue et drague, que les mecs misogynes l’intéressent pas, et elle se moque du porno mainstream, en indiquant que ce n’est vraiment pas la réalité, et qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’une femme se comporte comme les actrices X le font dans les scènes porno

En fin de chanson, elle parle de ce que vivent beaucoup de femmes quand elles rentrent tard le soir : utiliser ses clés comme une arme, prétendre écouter de la musique pour ne pas se faire emmerder.

J’ai beaucoup aimée ce titre, car comme pour beaucoup de femmes, j’ai déjà été suivie la nuit, et c’est vraiment terrible comme sensation, mais la peur doit changer de camp.


Dans Homework, elle parle du fait que les mecs sont souvent seulement de grands enfants, et qu’elle n’est certainement pas leur mère.
Et encore une fois, qu’elle n’a pas besoin d’un mec pour se sentir belle, pour avoir confiance en elle ou encore d’être considérée comme un accessoire par un mec, et met l’accent sur le fait qu’on a besoin de self love, par de l’approbation d’autrui.

Et ce genre de message, résonne évidemment profondément en moi.
Et petit plus pour le clip magnifique, où on la voit cuisiner, et couper toutes sortes d’aliments à la forme phallique.


Dans Devil, elle parle du monde violent qui l’entoure, de la pornographie de plus en plus facilement accessible, et de plus en plus violent.
Un point de vue que je ne peux que partager, et que j’ai étayée dans le premier article de ma série sur le porno queer et féministe.
Mais j’aime quand même bien cette chanson, pour son clip, mais aussi pour ses paroles (oui je sais je commence à me répéter mais j’ADORE cet album)

Mais elle parle aussi du fait qu’elle n’a absolument pas besoin d’un prince, qu’elle n’est pas une princesse en détresse, et qu’elle est une femme forte.

Et elle parle aussi brièvement, à nouveau du fait qu’elle pense que notre monde manque clairement de sororité et d’adelphité, et qu’elle ne voit pas les autres femmes comme des ennemies, qu’il faudrait critiquer pour se faire mousser et prendre leur place, mais plutot comme des amies.


Sur War on woman, elle parle d’intersectionnalité, en répétant qu’une guerre contre les femmes, les personnes racisées, les minorités de genre, est une guerre contre tout le monde, et que tant que les personnes ne sont pas toutes égales, personne ne le sera.
J’aime le coté répétitif, presque comme un mantra.


Ce dernier titre, I get the feelin’ est une ode à la girl power, à la badasserie et au DIY, dans lequel elle explique qu’elle a beaucoup travaillée pour arriver où elle en est, que le monde lui appartient, et que si d’autres femmes veulent réussir leurs projets ce n’est pas en procrastinant à qui mieux mieux. Sur ce titre, j’aime la sonorité du refrain qui est hyper percutant.

Pour conclure, c’est un album ou toutes les chansons apporte leur petit quelque chose à l’ensembe et rende le tout quelque part explosif à souhait, et du coup j’adore cet album.

Et j’adore tous les clips qu’elle a tirée de cet album, j’aime son univers, sa créativité.


L’album est écoutable sur Soundcloud et Spotify, et vous pouvez vous le procurer en format physique (ainsi que plein de merchandising fait par Lauren Tate) ici, ou sur les plateformes en ligne comme Apple Music, ou Amazon Music.

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