Debout – Rose Mc Gowan

J’ai acheté Debout pour mon anniversaire, il y a a peu près un mois, et j’en ai dévoré les cent premières pages avant de le laisser chez ma mère pour qu’elle l’emballe.

J’en ai repris la lecture il y a quelques jours et si fini les deux autres pages en trois jours.

A travers sa biographie, elle parle bien sûr de sa vie, et de ses grandes étapes mais nous donne à réfléchir surtout sur la secte Hollywood, comme elle l’appelle.

On apprend d’abord qu’elle a vécue son enfance en Italie dans une secte catholique, a vécue une adolescence chaotique, un temps sans domicile fixe, et tombant dans le cinéma un peu par hasard.
Puis comment pendant plus de vingt ans, elle a vécue sa vie comme une autre, comme une marionnette, plus maîtresse d’elle-même, pas vraiment là.
Elle s’insurge contre le fait que tout ce système est conçu et pensé par des hommes cis blancs, et tous ses produits sont vendus à des hommes cis blancs. Et qu’on vende les actrices comme des produits qu’on achète, et à qui on a le droit de faire subir les pires horreurs sans conséquences.
Elle parle notamment du viol qu’elle a subie de la part d’Harvey Weinstein, et comment à l’époque on lui a gentiment conseillé de ne rien dire et d’encore moins porté plainte…
Elle raconte également la fois où elle a racontée son viol à son partenaire de jeu dans Phantoms, qui lui a répondu « Bordel de merde. Je lui ai dit d’arrêter ça » , ce qui me glace quand même le sang, parce que cela signifie clairement que cette personne savait et elle n’a rien fait, ni dit à quiconque.
De manière générale, je crois que toutes les personnes puissantes qui ont abusées d’autres personnes considérées comme plus faibles jouissaient d’un entourage au courant, et cet entourage se tait au mieux, et au pire servait de rabatteurs pour trouver de nouvelles victimes.
Elle dit aussi que c’est en se délivrant du carcan d’Hollywood qu’elle a pris conscience qu’elle était une vraie artiste, et qu’elle avait toujours mis en parenthèse sa carrière quand elle fréquentait des hommes car on lui a inculqué qu’à coté de la carrière d’un homme, la sienne ne vaut pas mieux qu’un hobby.
Depuis, elle s’est mis à la photo, à l’écriture avec ce livre, et a sorti un album Planet 9 en 2018 (dont je vous parlerais bientôt)

Elle s’est rasée le crâne parce qu’avoir les cheveux longs correspond à un idéal de beauté crée par les hommes cis blancs, et qu’elle ne veut plus se sentir belle ou désirable aux yeux des autres, mais d’abord et avant tout pour elle même.

Elle parle aussi des nombreux hommes qui ont parcourus sa vie, et combien ils ont été violents autant physiquement que psychologiquement, toxiques, manipulateurs, jaloux.
Et ce n’est pas parce qu’elle a manquée de chance, mais bien parce que c’est le cas, beaucoup d’hommes le sont.

Ce livre m’a touché, parce que j’ai pu moi aussi vivre des choses aussi difficiles que le viol qu’elle a vécue, et les relations toxiques dans lesquelles elle s’est engluée, mais comme elle je m’en suis sortie aujourd’hui, plus libre que jamais. Et il m’a donnée envie plus que jamais de continuer à me percevoir comme une artiste, et ne plus me cacher.

Ce livre est un puissant manifeste d’empouvoirement féministe, et je pense qu’il est bon de le lire au moins une fois dans sa vie.

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