70’s Bitch

Aujourd’hui, je publie l’interview de 70’s Bitch, une créatrice de contenus porno et camgirl.

Peux tu te présenter ?

Salut ! On m’appelle 70’s Bitch, j’ai 24 ans et je suis créatrice de contenus porno/érotiques et camgirl. Mon travail a une esthétique plutôt « amateur » même si je fais beaucoup de mise en scène pour proposer des univers différents !
Je suis aussi spécialisée dans la découverte du plaisir anal.
C’est-à-dire que j’accompagne les clients qui le souhaitent dans l’exploration de leur plaisir anal. 

Quand et comment as tu commencé la cam ?

J’ai commencé par faire de la création de contenus sur MYM au tout premier confinement donc en mars 2020.
En réalité c’est une coïncidence si j’ai commencé à ce moment là.
Suite à une dépression j’ai dû abandonner mon master.
Une grande phobie sociale s’est développée chez moi et je n’étais plus capable d’aller en cours.
J’ai donc pris la décision d’arrêter totalement mon cursus scolaire et de faire une pause pour me soigner.
Il s’est avéré que rester inactive était insupportable.
C’est en discutant avec un ami, avec qui j’échangeais des nudes, que l’idée est venue. Il m’a demandé pourquoi je n’avais pas de compte MYM ou Onlyfans.
Honnêtement je n’y avais jamais pensé.
J’ai décidé de tenter le coup quelques jours plus tard et j’ai adoré faire ça !
C’est devenu mon quotidien jusqu’à ce que je m’inscrive sur Vends Ta Culotte.
C’est là que j’ai commencé à faire des cams privées.
Comme pour MYM, ça m’a tout de suite plu alors j’ai continué à explorer.
En ce qui concerne les cam publiques, j’ai démarré bien plus tard, en octobre 2020. C’est en discutant avec un mec sur Tinder que j’ai décidé de me lancer.
Il faisait des lives régulièrement sur Cam4 et m’a proposé de venir le voir.
Il semblait si à l’aise que ça m’a motivée à me lancer.
Pendant cette fin d’année, j’ai fait quelques lives mais malheureusement je n’ai pas pu continuer régulièrement.
J’habitais chez ma mère à cette période, je n’avais donc pas l’intimité nécessaire pour réellement profiter de ces moments en live !
L’objectif pour 2022 c’est de m’y remettre parce que ça me manque !

As tu eu l’occasion de diffuser sur plusieurs plateformes ? En recommanderais tu plus une que d’autres ? Et si oui pourquoi ?

Non je ne diffuse que sur Cam4 pour le moment. A voir plus tard, mais pour le moment je compte rester uniquement sur cette plateforme !

D’où viens ton pseudo 70’s bitch ?

A la base, c’est mon pseudo twitter.
Il vient de la chanson « I love it » d’Icona pop.
Dans le refrain elle dit “You’re from the 70’s but I’m a 90’s bitch”.
Cette phrase est restée dans ma tête et comme j’aimais beaucoup la musique des années 70, j’en ai fait mon pseudo.
Quand j’ai commencé le TDS c’était une évidence de le garder, ça correspondait à l’image que je voulais donner de moi. 

Te considères tu comme travailleuse du sexe ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

Oui je me considère comme TDS.
Pour moi ça englobe tous les métiers liés au sexe qu’ils soient virtuels ou réels.
A partir du moment où je vends un service sexuel ou du contenu pornographique, c’est du TDS. 

De quelle manière travailles tu ? (tu as un planning d’idées, ça te vient à l’inspiration, un peu des deux)

Je travaille surtout quand ma santé me le permet !
Si j’ai choisi de faire ce métier c’est avant tout pour ne pas avoir d’horaires de bureau ni de contraintes autres que celles que je m’impose.
Je n’ai donc pas de planning quotidien défini.
J’ai tout de même une routine assez inconsciente.
Au réveil je vérifie mes messages en prenant mon café, je regarde si on m’a acheté des vidéos pendant la nuit, je fais du secrétariat en fait !
Souvent après ça j’écris toutes mes idées pour de prochains contenus quand j’en ai. L’inspiration vient quand je me sens bien donc c’est par période !
Ensuite dans l’après-midi si je suis en forme et motivée je prends des photos puis tourne au moins une vidéo.
Le soir je m’occupe du montage et de préparer la promotion des vidéos.
En général, j’essaye de me rendre disponible le soir pour des cam privées mais je peux aussi l’être plus tôt dans la journée, toujours en fonction de comment je me sens.
Au final je travaille un peu n’importe quand pour le moment !
Mais lorsque j’aurai repris les lives publics j’aurai certainement un emploi du temps plus chargé et plus organisé. 

Quelles sont tes limites ?

Mes limites dépendent beaucoup de mon humeur et de mes clients !
Par exemple, je ne fais presque pas de domination sauf avec certains clients que je connais depuis longtemps et en qui j’ai confiance.
Pourtant c’est quelque chose que je pratique sans problème dans ma vie perso.
En termes de pratiques, je propose uniquement celles qui me plaisent, que j’ai expérimenté dans ma vie perso et celles que je suis physiquement capable de faire sur le moment.
Je pense notamment à la double pénétration que je pratique ponctuellement.
Mon corps ne supporte pas ça n’importe quand !
Souvent on me pose la question du réel.
Est-ce que je souhaite faire uniquement du virtuel ?
Non, il m’arrive aussi de faire des séances en réel avec mes clients les plus fidèles et respectueux. 

Acceptes tu les commandes personnalisées ?

Oui je les accepte et j’adore ça !
C’est souvent lors de ce type de commande que je prends le plus de plaisir à travailler.
J’adore qu’on me fasse part de ses fantasmes et d’ensuite les mettre en scène, les incarner.
Ca me permet aussi d’explorer des kinks et des pratiques que je n’aurai pas eu l’idée de découvrir.
Non seulement ça nourrit mon travail mais aussi ma vie sexuelle personnelle.  

Te considères tu comme féministe ? Si oui, en quoi ton féminisme est en lien avec ton activité de TDS ?

Oui je me considère comme féministe.
Pour moi devenir TDS c’est l’un des choix les plus féministes que j’ai pu faire.
Je ne dis pas que le TDS est un métier féministe en soi ou que c’est le féminisme qui m’y a poussé.
Je veux dire que par rapport à mes expériences du marché du travail classique, c’est un choix que j’ai fait en pleine conscience et qui est en accord avec mes valeurs militantes. 
Pour moi, il ne peut pas y avoir de féminisme sans les putes.
On est une partie de la population qui subit le plus de violences et on est bien souvent à l’intersection de plusieurs discriminations donc il me semble évident que le féminisme doit nous inclure dans les luttes. 

Es tu out auprès de ton entourage ? Si oui, te soutient il ?

Je ne suis pas out auprès de tout mon entourage.
Seulement ma famille très proche comme ma mère et mes sœurs ou mes ami.e.s.
Je ne dirai pas que ma famille me soutient.
Mais elle ne me rejette pas non plus.
Ma mère n’a pas apprécié quand je lui ai dit.
Aujourd’hui, elle l’accepte mais elle ne veut pas en entendre parler.
Pour elle, ce n’est pas un travail. Elle m’a même dit une fois que c’était un hobby ! Par contre, je ne sais pas du tout ce que mes sœurs en pensent.
On évite le sujet au maximum.
C’est très frustrant de ne pas pouvoir en parler.
En fin de journée, j’aimerai pouvoir raconter ma journée comme tout le monde mais autour de moi personne n’a envie que je raconte ça.
Il n’y a qu’à ma meilleure amie que j’en parle ouvertement.
C’est la seule personne à qui je peux me confier sur ce sujet sans aucun jugement. 

Peux tu me parler un peu de l’impact que le Covid a eu sur ton activité ?

Puisque j’ai démarré mon activité pendant la crise, je n’ai pas assez de recul pour avoir repéré un changement. 

Quel matériel utilises tu pour monter et filmer tes vidéos ?

Je fais tout sur mon portable !
J’ai un Iphone 12 mini, c’est largement suffisant pour moi.
Si je savais me servir d’un appareil photo correctement je le ferais mais je n’ai aucune patience pour ça alors je me contente de mon téléphone.
La qualité est suffisante et pour le peu de montage que je fais, ça me suffit aussi amplement !
Le seul bémol c’est la capacité de stockage.
Un véritable enfer, il faut que je supprime régulièrement mes contenus pour pouvoir en créer de nouveaux.
Je commence à avoir des ambitions plus grandes en termes de montage alors il est peut-être temps de changer ma façon de fonctionner et de monter les vidéos sur mon ordinateur !

Qu’est ce que le travail du sexe t’apporte ?

Beaucoup d’indépendance.
Pour moi ça reste un travail comme un autre donc je m’en passerai bien.
Disons que c’est le moins pire que j’ai pu trouver.
J’apprécie également le coté créatif, je peux m’exprimer comme je le souhaite même s’il y a des limites quand on travaille sur des plateformes qui ne nous appartiennent pas.
Je pense notamment à la censure récente de certaines pratiques sur Vends Ta Culotte qui sont également présentes sur plein d’autres plateformes.
Le TDS m’a aussi beaucoup apporté côté militantisme.
Ca m’a permis de découvrir des pans du féminisme qui étaient encore flous pour moi.

Malgré la concurrence on remarque qu’il y a une formidable communauté de TDS prête à aider. L’adelphité est très présente et c’est super rassurant. 

Comment fais tu face à la grossophobie, à la putophobie et toute autre forme de discrimination que tu peux vivre ?

Honnêtement, je m’estime plutôt chanceuse de ce côté-là parce que je subis très peu d’attaques frontales en lien avec mon physique ou mon travail.
Néanmoins, je subis des discriminations très insidieuses.
Concernant la grossophobie, j’en subis pas plus depuis que je suis TDS mais elle s’exprime différemment.
Soit on va préférer aller vers le contenu d’une collègue plus mince parce qu’elle est jugée plus jolie soit on va me fétichiser.
Tu vois le cliché de la meuf grosse gourmande qui adore sucer ?
Souvent c’est ça que les clients ont envie de voir chez une femme grosse.
C’est épuisant parce que je propose plein de choses différentes mais on veut souvent me cantonner à des rôles grossophobes.

Je ne compte plus les fois où je lis « Les grosses elles sont délurées au lit parce qu’elles sont désespérées » ou « Les grosses font les meilleures pipes », comme si tout ce qu’on savait faire c’est mettre des trucs dans notre bouche.
J’ai la sensation d’être rarement vue pour qui je suis et ce que je fais mais juste pour le stéréotype de la grosse. 

Au niveau de la putophobie ça joue plus sur le quotidien.
Puisque je ne peux pas en parler à ma famille, je suis assez isolée ou alors je m’isole moi-même pour ne pas faire face aux questions du type « Et sinon tu fais quoi en ce moment ?» et toutes les conséquences que ma réponse engendrera.
J’ai récemment déménagé et on sait qu’en tant que TDS c’est pas simple de trouver un logement.
J’ai la chance d’avoir ma mère comme garante, ce qui me permet d’avoir un bon dossier aux yeux des agences immobilières donc j’ai réussi à trouver une stratégie pour louer un appartement sans avoir besoin de m’outer.
La putophobie est aussi présente dans ma vie amoureuse.
C’est pas toujours simple à dire lors d’un premier date ou au début d’une conversation sur une application de rencontre !
Difficile de savoir comment la personne va réagir et souvent je me retrouve face à des questions très indiscrètes ou des propositions indécentes.
Au moins ça permet de faire du tri rapidement ! 

Es tu déclarée ? Si non pourquoi ?

Pour le moment je ne suis pas déclarée.
Surtout par manque d’information puisque je n’ai toujours pas trouvé les bonnes ressources pour le faire dans de bonnes conditions.
Je souhaite le faire mais c’est une énorme étape dans ma vie et ça me fait un peu peur. C’est mon objectif principal en 2022 !

Sur quels plateformes as tu un compte ? Quels sont les avantages et inconvénients de chacun selon toi ?

J’ai commencé sur MYM puis VTC.
J’ai ensuite fait mes lives sur Cam4.
J’ai fini par ouvrir un OnlyFans puis un ManyVids.
J’ai tenté Swame également mais j’ai vite arrêté quand j’ai compris que ça appartenait à Jacquie et Michel.
Pour moi toutes les plateformes ont leurs spécificités et sont assez complémentaires. MYM à l’avantage d’être français, ce qui facilite la comptabilité puisque je suis payée en euros.
C’est également le cas pour VTC.
Ce que je préfère chez VTC c’est la pluralité des contenus et prestations qu’on peut proposer.
C’est assez varié et il y a beaucoup de clients sur ce site donc ça offre énormément de possibilités !
Je dirai que l’inconvénient de ces deux plateformes sont clairement la gestion du site.
Pas toujours ergonomique et pas spécialement agréable en terme de webdesign.
J’ai aussi beaucoup de mal avec le côté misogyne de VTC.
Sérieusement est-ce que c’est nécessaire de parler du « Style de ma petite foufoune » ? Pareil du côté des clients, sur leur profil ils peuvent répondre à la question « Si j’étais un prince charmant ? ». Quel intérêt ? 

J’adore OnlyFans parce que ça ressemble vraiment à Twitter d’un point de vue utilisation.
Le gros point négatif c’est que la plateforme n’est pas optimisée pour les utilisateur.ices français.es. Les paiements se font en dollars et le site n’a pas de version en français. C’est la même chose pour ManyVids d’ailleurs !

Pour les plateformes de cam je n’ai pas de point de comparaison donc c’est pas facile d’avoir un avis construit.
Si je me suis dirigée sur ce site au départ c’est parce qu’on m’en a dit du bien et que c’était le seul que je connaissais.
En tous cas, il convient parfaitement à l’utilisation que j’en fais et il est plutôt complet puisqu’il propose un système de fanclub et vente de vidéo à l’unité en plus de la fonction de camming. 

Quels usages as tu de Twitter ?

Je suis sur Twitter depuis 2013 donc on peut dire que mes usages ont beaucoup évolués !
Aujourd’hui, je m’en sers majoritairement pour la promotion de mon contenu.
Le peu de censure qu’il y a en comparaison avec Instagram permet de partager des teasers très explicites.
C’est vraiment important pour moi de pouvoir partager des extraits de mes vidéos sans craindre la censure ! 

Je me sers aussi de Twitter dans un cadre militant.
Plus pour m’informer et repartager des infos que pour m’y exprimer parce que je ne me sens pas toujours légitime.
C’est vraiment apaisant de pouvoir trouver sur ce réseau des personnes qui partagent ma vision du monde et qui me permettent aussi de la faire évoluer. 

Quels sont tes projets pour la suite ?

Reprendre la cam sur Cam4 en premier lieu !
Ensuite me déclarer pour enfin être sereine de ce côté-là.
J’ai aussi quelques projets de vidéos en duo qui vont se concrétiser cette année si tout se passe bien.
Après je souhaite continuer à découvrir de nouvelles pratiques pour proposer du contenu qui change un peu de ce que je fais habituellement et surtout m’améliorer en montage pour pouvoir tester de nouvelles choses !
La suite s’annonce donc créative et riche en expériences.
J’ai également très envie de m’investir plus dans l’associatif.
A Rennes on a une super asso qui a vu le jour en 2020 par et pour les TDS qui s’appelle Les Pétrolettes.
J’espère avoir la force nécessaire pour leur apporter mon soutien au mieux !

Vous pouvez la retrouver sur : Twitter, Instagram, Vends Ta Culotte, Cam4, MYM, et Onlyfans !

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