Ma ligature des trompes

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de ma ligature des trompes.

Je ne veux pas d’enfants depuis au moins dix ans, alors après avoir essayé la pilule et l’implant, j’ai eu envie de me faire ligaturer les trompes. Mais toutes les femmes qui me lisent savent bien que malgré que c’est tout à fait légal de se faire opérer une fois passée 18 ans, qu’on ait eu ou non des enfants, beaucoup de praticien.ne.s refusent de le faire pour tout un tas de raisons stupides et aberrantes ( mais ca c’est un autre débat).

En accompagnant mon frère qui voulait des renseignements sur l’hystérectomie, le chirurgien lui conseille plutôt une ligature des trompes s’il n’a pas d’endométriose. On resort du cabinet, et une ampoule s’est allumée en haut de ma tête comme dans les dessins animés quand je me suis dit  » mais s’il t’a proposé à toi, il peut me le proposer », donc on retourne sur nos pas, dans son cabinet, et il me dit qu’il le propose effectivement.
Il me fait un rapide topo sur les autres moyens de contraception, le déroulé de l’opération, et me fait signer un premier consentement, et me donne rendez vous pour le deuxième rendez vous pour signer le deuxième consentement après le délai légal de réflexion de 4 mois.

Les quatre mois sont passés vite parce que j’ai pas eu une réflexion hyper intense vu que je savais que j’étais décidée. Il y a eu quelques couacs administratifs, parce que je n’avais pas de date pour le deuxième rendez vous ni pour l’anesthésiste, mais ca s’est réglé par mail avec le secrétariat de gynécologie, donc tout va bien.

Je suis allée à mon deuxième rendez vous d’informations, le chirurgien m’a fourni une liste de pièces à amener le jour de l’opération et une ordonnance pour des bas de contentions, de la bétadine, du Doliprane et du Spasfon, et un test PCR, puis deux jours plus tard, je vais au rendez vous avec l’anesthésiste, qui me pose des questions pour ajuster au mieux le produit anesthésiant, et me donne une ordonnance pour faire une carte de groupe sanguin.
Après avoir fait tout ses examens, les deux douches préopératoires, je vais donc à l’hôpital pour 11h30. Je fais mon entrée, je mets le fabuleux pyjama bleu hyper sexy, et je fais une séance de respiration avec un masque pour ouvrir mieux mes bronches.

Deux heures de stress intense plus tard, on vient me chercher, je marche jusqu’au bloc, on me fait m’assoir dans une salle d’attente, j’enlève mes chaussures pour mettre des chaussons, je mets une charlotte, et je montre aux chirurgien.ne.s que j’ai pas pu enlevé mes piercings buccaux, et iels me disent que c’est pas grave, qu’ils vont juste utiliser un masque plus grand pour m’endormir. Puis je marche jusqu’au bloc, je m’allonge sur la table, j’enlève mon pantalon. Une infirmière me fait une perfusion, ils me mettent un masque ,et je m’endors hyper rapidement.

Je me suis réveillée dans ce qu’on appelle salle de réveil, mais qui ressemblait plus à un couloir. Réveillée par une douleur horrible, que rien n’a fait passer. Comme si un kangourou m’avait boxé autour du nombril. J’ai attendu quelques heures, le temps qu’une docteure vienne me voir et m’autorise à sortir, et que mon copain arrive avec le fauteuil roulant que j’avais préalablement loué.

Le trajet en tram était très désagréable, j’avais mal, et j’avais l’impression d’être hyper défoncée, je crois que je suis arrivée chez moi et que je me suis couchée direct ou presque. Mais j’ai très mal dormie parce que j’avais mal et que je pouvais pas bouger comme je le souhaitais

J’ai passée le reste du week-end ( je me suis fait opérer le vendredi) allongée à lire ou à regarder des documentaires. Et j’ai passée globalement les deux dernières semaines à écrire, lire, dessiner, et prendre soin de moi, et ça m’a fait le plus grand bien.

Même si en sortant de l’hôpital, je me disais que j’allais jamais arriver à dormir tant j’avais mal, et que j’aurais jamais du le faire, je crois que c’est la meilleure décision de ma vie, et j’en suis absolument ravie. Mais je crois quand même qu’iels devraient nous donner des anti douleurs un peu plus puissants que le Doliprane et le Spasfon qui m’ont fait peu voire pas d’effet.

J’ai trois cicatrices, une sur le nombril, une au dessus du pubis, et une sur le coté gauche du ventre, mais je les aime déjà.

J’ai également eu la « chance » de ne pas galérer du tout pour trouver un.e chir qui voulait bien le faire alors que je suis encore jeune et sans enfants, mais je trouve ça inadmissible que des praticien.ne.s se permettent de juger nos vécus, et de tenir un discours hyper infantilisant et misogyne.

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